Le mythe de l'IPO de plusieurs billions va se jouer en 2026, mais les « petites licornes » ont déjà fait faillite

Auteur : Xiao Jing, Tencent Technology

Éditeur : Xu Qingyang

L’année 2025 qui vient de s’achever a été marquée par une « démonstration de glace et de feu » sans précédent sur le marché des capitaux.

D’un côté, les nouvelles entreprises technologiques récemment cotées, dont le cours s’effondre comme une lanterne sans fil. Les sociétés vedettes autrefois très en vogue ont vu leur capitalisation s’évaporer de plusieurs dizaines de milliards de dollars en quelques mois, avec notamment des cas de chute de plus de 50 %. La « fraîcheur » du marché s’est rapidement répandue, faisant craindre à de nombreuses entreprises vedettes leur introduction en bourse, qui a été repoussée à plusieurs reprises.

De l’autre côté, la « passion » du capital brûle intensément.

Un tout nouveau « club du trillion de dollars » se rassemble devant les portes du marché des capitaux. De SpaceX, empire spatial dirigé par Elon Musk, à OpenAI sous la houlette de Sam Altman, en passant par des géants comme Anthropic, qui se préparent à une IPO superlative sans précédent dans l’histoire de la technologie, avec des valorisations de plusieurs milliers de milliards, voire plus.

Froid et chaud, désillusion et fête, retrait et offensive.

Ce processus de purification par le feu et la glace marque-t-il le début d’un retour à la rationalité du marché, ou bien le prélude à une division extrême du capital ? La cloche de 2026 a déjà sonné, et la logique derrière cette « double vie » pourrait-elle perdurer, ou le flux futur des capitaux a-t-il déjà changé ?

01, Rétrospective des IPO technologiques de 2025 : le froid des défaillances et des chutes brutales

En 2025, malgré un léger rebond dans le nombre d’entreprises technologiques cotées (environ 23, en forte hausse par rapport à 2024), la performance globale a été décevante : plus des deux tiers des sociétés ont vu leur cours tomber en dessous du prix d’émission, avec une médiane de chute de 9 %, largement inférieure aux près de 18 % de hausse du S&P 500 sur la même période.

Mais après cette brève fièvre, les actions technologiques sont revenues à la réalité glaciale.

  • Parmi de nombreuses startups vedettes, Circle (émissionnaire de stablecoins) est l’une des rares survivantes : bénéficiant d’un contexte politique favorable, après une forte hausse le premier jour, elle a connu un léger recul, mais reste stable et en hausse, étant la seule à tenir bon.
  • En revanche, d’autres licornes ont connu des performances décevantes. Figma, qui avait suscité beaucoup d’enthousiasme lors de son IPO, a vu son cours chuter fortement suite à un ralentissement de la croissance et à une concurrence accrue en IA. Des entreprises comme Klarna (paiement en plusieurs fois), StubHub (plateforme de billetterie) et Navan (logiciel de voyages d’affaires) ont vu leur valeur collective s’évaporer de dizaines de milliards de dollars après leur introduction, révélant le rejet du marché secondaire envers le modèle « pertes pour croître ».
  • La pire performance revient à Gemini, plateforme d’échange de cryptomonnaies. En raison de pertes financières et de pressions réglementaires, son cours a été réduit de moitié par rapport au prix d’émission, chutant de 58 %.

Graphique : Performance des cours des entreprises technologiques lors de leur IPO en 2025

D’un autre côté, les capitaux jouent avec une patience sans précédent pour miser sur la « rareté ». Bien que les actions technologiques de petite et moyenne capitalisation rencontrent des difficultés en raison du manque de liquidités et de la prolongation des cycles de confiance, l’entrée de géants comme SpaceX, OpenAI et Anthropic pourrait, à elle seule, raviver l’enthousiasme du marché.

Ce phénomène extrême de polarisation indique que l’esthétique du marché secondaire a changé : les investisseurs ne croient plus aux « histoires de croissance », mais cherchent à entrer à tout prix dans une poignée de secteurs « must-have ».

En revanche, les PME technologiques cotées, avec une capitalisation moyenne d’environ 8,3 milliards de dollars, font face à des barrières d’évaluation plus élevées, un manque de liquidités et des cycles de confiance plus longs, ce qui limite leur attractivité pour les fonds indiciels et les investisseurs particuliers.

Ce contexte reflète une grave « fracture de confiance ». D’un côté, les fondateurs et les investisseurs en capital-risque refusent de réduire leur valorisation pour entrer en bourse ; de l’autre, les investisseurs publics, sous l’ombre de la bulle IA, deviennent extrêmement sensibles aux perspectives de profit et aux opérations internes de sortie. La banque, invoquant l’instabilité environnementale, complique encore la fixation des prix, ce qui bloque le jeu à plusieurs, aboutissant à une impasse où personne ne tire profit.

Ce froid se propage rapidement aux entreprises qui envisagent une IPO en 2026. Des sociétés comme Perk (anciennement TravelPerk), logiciel de voyages d’affaires, ont déjà repoussé leur IPO à 2027. Si l’humeur du marché ne s’améliore pas significativement en 2026, de nombreuses entreprises potentielles pourraient se retrouver à faire la queue sans oser sonner la cloche.

D’un point de vue historique, la reprise de 2025 n’a pas encore atteint un niveau de prospérité. Selon Accel Analysis et Qatalyst, le nombre d’IPO dans le domaine des logiciels et de l’IA a culminé entre 2019 et 2021, avec respectivement 13, 19 et 46 opérations. Après une période de chute en 2022-2023 (zéro et 1 IPO), le marché commence à se redresser en 2024-2025 (4 et 8 IPO).

Graphique : Nombre d’IPO dans le domaine des logiciels et de l’IA de 2010 à 2025

Cependant, en 2025, le nombre d’IPO dans ces secteurs n’atteint qu’environ la moitié du pic de 2021, et reste inférieur à la norme annuelle de 9-10 IPO observée entre 2010 et 2018. Cela indique que le marché des IPO technologiques doit encore attendre un retour à une normalité véritable.

Graphique : Performance de 8 IPO dans le domaine des logiciels et de l’IA en 2025

Analyse des échecs : collision entre valorisation élevée et réalité du marché

L’expérience de Navan est très représentative.

Cette plateforme de gestion des voyages d’affaires a été introduite en octobre 2025, avec une trajectoire de valorisation en forme de parabole : de 9,2 milliards de dollars lors de la levée de fonds en série G en 2022, à 6,2 milliards lors du prix d’IPO (25 dollars par action) ; puis, à la clôture du premier jour, le cours a de nouveau chuté, atteignant 20 dollars, pour une capitalisation de seulement 4,7 milliards.

Ironie du sort, Navan n’est pas une coquille vide. Elle dispose d’un chiffre d’affaires annuel de 613 millions de dollars (en croissance de 32 %) et plus de 10 000 clients entreprises, avec une capacité réelle de générer des flux de trésorerie. Pourtant, la logique de valorisation a changé : la même entreprise pouvait obtenir un multiple de 15-25 fois le chiffre d’affaires en 2021, mais en 2025, même avec une valorisation de 10 fois, le marché la jugeait « trop chère ».

Ce désamour repose sur la défaillance de la « règle des 40 ». Navan, bien qu’ayant une croissance de 30 % de ses revenus, affiche une marge nette d’environ -30 %, ce qui donne un score proche de zéro. Selon cette règle d’or pour évaluer la santé des sociétés de logiciels, seule une somme de taux de croissance et de marge bénéficiaire ≥ 40 % est considérée comme équilibrée entre expansion et efficacité.

Graphique : Performance des cours de Figma et Navan après IPO

L’expérience de Figma illustre la forte volatilité des actions technologiques. Après une hausse de 2,5 fois en juillet, suite à son IPO, le titre a chuté de 60 % après la publication de résultats indiquant un ralentissement. La volatilité provient principalement de deux facteurs : d’une part, un déséquilibre structurel, avec seulement 8 % de flottant lors de l’introduction, créant une rareté artificielle, et, en septembre, la libération massive d’actions en lock-up a provoqué une chute ; d’autre part, une surévaluation, avec un multiple de 31 fois le chiffre d’affaires, soit plus de quatre fois celui d’Adobe, rendant la valorisation vulnérable face à un ralentissement de la croissance.

Le froid du marché s’étend à tous les secteurs. De StubHub (baisse de 42 %) à Firefly (baisse de 36 %), en passant par Via (baisse de 28 %) et Klarna (baisse de 22 %), les entreprises à forte valorisation et faibles profits subissent une correction brutale du marché.

Difficultés des banques d’investissement : la perte de l’éclat de Goldman Sachs et Morgan Stanley, qui paieront la facture de la bulle des valorisations excessives ?

Les IPO de 2025 ont été décevantes, et la situation est également embarrassante pour les banques d’investissement qui dominent la majorité des IPO technologiques, notamment Goldman Sachs et Morgan Stanley.

Les projets IPO menés par Goldman Sachs (comme Via, Firefly) ont vu leur médiane de performance chuter d’environ 28 %, sous la moyenne du marché. Morgan Stanley, responsable des IPO de Figma et CoreWeave, a vu la médiane de ses IPO reculer d’environ 4 %, ce qui est meilleur que la médiane globale, mais toutes les sociétés ont connu une chute importante par rapport à leur sommet.

Graphique : Performance des IPO menées par Goldman Sachs et Morgan Stanley

Les analystes expliquent que cette sous-performance est en partie due à des facteurs hors du contrôle des banques. Les investisseurs publics estiment que de nombreuses entreprises qui cherchent à entrer en bourse ne se distinguent pas, et que certaines des plus puissantes restent privées.

Samantha Liu, directrice des investissements en croissance chez Norwest Venture Partners, indique qu’elle a essayé de dire aux banquiers qui gèrent des IPO comme Navan de fixer des prix raisonnables, surtout s’ils ne comptent pas sur un intérêt massif des petits investisseurs. « Les attentes des gens sont complètement déconnectées », dit-elle.

02, Montée en puissance des géants : SpaceX, OpenAI et autres préparant des IPO record

Alors que de nombreuses nouvelles entreprises technologiques connaissent un hiver boursier, une vague de chaleur différente monte de l’autre extrémité du marché. Contrairement à celles qui s’effondrent dès leur introduction, quelques géants technologiques, ayant déjà une position dominante, sont considérés comme des « must-have » et se préparent à une IPO historique.

SpaceX : viser la plus grande IPO de tous les temps

Selon des sources proches du dossier, SpaceX accélère ses préparatifs pour une IPO, visant à lever plus de 300 milliards de dollars, avec une valorisation de 1,5 billion de dollars. Ce montant rivalise avec le record de l’introduction en bourse de Saudi Aramco en 2019.

En termes de taille, si SpaceX vend 5 % de ses actions à une valorisation de 1,5 billion de dollars, cela représenterait 75 milliards de dollars, battant le record de 29 milliards de dollars de Saudi Aramco, devenant ainsi la plus grande IPO de tous les temps.

Contrairement à Saudi Aramco, dont la proportion de flottant est très faible, si SpaceX parvient à réaliser cette opération à cette échelle, cela pourrait bouleverser la carte mondiale des investissements en haute technologie. La direction envisage une cotation à la mi-2026, mais pourrait aussi la repousser à 2027 en fonction de la volatilité du marché.

La confiance de SpaceX dans cette IPO repose sur une croissance explosive de ses activités : Starlink est déjà une source majeure de revenus, et le « téléphone direct » a considérablement élargi le marché ; par ailleurs, les progrès du vaisseau Starship dans l’exploration lunaire et martienne offrent un espace d’imagination considérable.

Les données financières indiquent que le chiffre d’affaires de l’entreprise devrait atteindre 15 milliards de dollars en 2025, et pourrait grimper à 22-24 milliards en 2026. Outre ses activités spatiales, les fonds levés seront également investis dans de nouveaux domaines pilotés par Musk, comme les centres de données orbitaux et le développement de puces.

Musk a récemment confirmé via la plateforme X que SpaceX a atteint un flux de trésorerie positif depuis plusieurs années, et qu’il procède à des rachats réguliers pour offrir de la liquidité à ses employés et investisseurs. Il insiste sur le fait que la hausse de la valorisation est une conséquence inévitable des avancées technologiques de Starship et Starlink. Actuellement, le portefeuille d’actionnaires de SpaceX est très prestigieux, comprenant notamment le fonds des fondateurs (Founders Fund), Fidelity, et Google.

OpenAI : IPO d’un billion de dollars pour remodeler le paysage du capital IA

Selon des sources, OpenAI prépare également une IPO majeure, visant à lever au moins 600 milliards de dollars, avec une valorisation atteignant 1 billion de dollars. Des informateurs indiquent qu’OpenAI envisage de déposer sa demande d’IPO dès le second semestre 2026.

Par ailleurs, OpenAI est en négociation pour une levée de fonds de 1000 milliards de dollars, ce qui pourrait faire grimper sa valorisation à 8300 milliards de dollars.

L’objectif est de finaliser cette opération d’ici la fin du premier trimestre de l’année prochaine, avec la possibilité d’inviter des fonds souverains à investir.

Ce financement s’inscrit dans la stratégie d’OpenAI pour maintenir sa position de leader dans la course à l’IA, avec un engagement de plusieurs dizaines de milliards de dollars et de nombreux partenariats mondiaux.

Le cœur de cette stratégie repose sur la domination en matière de puissance de calcul : OpenAI devra investir plus de 38 milliards de dollars dans la construction de centres de données et de grappes de serveurs dans les années à venir. Quatre grands camps d’investisseurs se dessinent : géants technologiques (Amazon, Nvidia, Microsoft, Apple, etc.), fonds souverains (Moyen-Orient, Singapour), institutions financières de Wall Street (JPMorgan, etc.), et nouveaux modes de financement (partenariats publics-privés, dettes spécifiques).

Il est particulièrement intéressant de noter que la géopolitique est désormais profondément intégrée dans ces négociations : investissements successifs du fonds MGX d’Abu Dhabi, conditions potentielles de localisation des centres de données en Arabie Saoudite, participation indirecte par le biais de la coopération avec le gouvernement américain, font de cette opération un microcosme de la compétition technologique entre grandes puissances.

Si cette opération aboutit, OpenAI établira un nouveau record mondial de financement d’une seule société, surpassant la plupart des budgets annuels de la plupart des pays.

Outre SpaceX et OpenAI, des startups IA comme Anthropic, valorisées à plus de 3000 milliards de dollars, entrent également dans la catégorie des « géants en devenir ». La montée en puissance de ces super géants contraste fortement avec la morosité de la majorité des IPO technologiques en 2025.

Globalement, 2026 pourrait voir une vague d’introductions en bourse de licornes à haute valorisation, parmi lesquelles :

  • Les super géants : SpaceX, OpenAI, Anthropic. Leur IPO redéfinira la taille du marché des introductions en bourse.
  • IA et infrastructures : entreprises en expansion dans l’IA, comme le fabricant de puces Cerebras, ou les fournisseurs de centres de données Lambda, Crusoe, Nscale.
  • Fintech et logiciels : Motive, soutenu par Index Ventures, qui vend des solutions de sécurité aux conducteurs de camions ; PayPay, fintech japonaise soutenue par SoftBank ; d’autres PME technologiques.
  • Entreprises retardataires ou en attente : comme Perk, qui a repoussé son IPO à 2027, ou une multitude de sociétés en « queue » mais hésitant à faire le pas.

Jeff Claw, associé directeur de Norwest Venture Partners, déclare : « Il y a un certain nombre d’IPO potentielles en attente, mais si le marché en 2026 ne s’améliore pas, personne ne se précipitera. »

Il faut aussi noter que des leaders B2B comme Stripe ou Ramp, avec des revenus récurrents annuels supérieurs à 1 milliard de dollars, privilégient actuellement des financements privés ou des offres de rachat plutôt que l’introduction en bourse.

Stripe, géant du paiement, a récemment réalisé une offre de rachat d’actions, valorisant l’entreprise à 91,5 milliards de dollars. L’indice privé de private equity de State Street représente désormais une valorisation de plus de 5,7 billions de dollars, soit plus de cinq fois le montant de 1,1 billion de dollars promis lors de son lancement en 2007. La forte liquidité privée allège la pression sur l’entreprise face aux contrôles des résultats trimestriels et à la réglementation liée à l’introduction en bourse.

Tim Levin, CEO du plus grand fonds fintech européen Augmentum Fintech, indique : « Beaucoup de nos sociétés en portefeuille pourraient sortir par fusion-acquisition plutôt que par IPO. »

Jeff Claw, associé de Norwest Venture Partners, ajoute qu’il voit « une meilleure ambiance pour les fusions-acquisitions », et que trois de ses sociétés ont récemment été rachetées par de grands groupes technologiques.

03, La nouvelle donne pour les IPO technologiques : le jeu a changé

En regardant 2026, le marché mondial des IPO est à un tournant : il passe d’un « hiver des valorisations » à une période de « prudence optimiste ». L’amélioration des indicateurs macroéconomiques, une politique monétaire plus prévisible, et les bénéfices de la commercialisation de l’IA, favorisent la reprise du marché.

Une réserve diversifiée de sociétés en attente d’introduction se constitue, et si la volatilité peut être maîtrisée, l’élan accumulé en 2025 pourrait exploser en 2026.

Mais la route vers la reprise ne sera pas sans obstacles, notamment en termes d’accès :

● Un important retard dans les IPO : des centaines de « vieux » licornes initialement prévues pour 2022-2023 sont toujours en file d’attente, avec des besoins de financement plus pressants et une maturité accrue.

● Des seuils d’entrée plus élevés : les performances de 2024-2025 ont montré que les acheteurs ne tolèrent plus les « cas marginaux ». Les candidats doivent généralement disposer d’environ 500 millions de dollars de revenus récurrents annuels, d’une croissance de 50 %, et d’une forte rentabilité unitaire.

● Une complexité macroéconomique : le rythme des IPO en 2026 dépendra fortement de la stabilité de la politique monétaire, de la détente géopolitique, et de la solidité du marché du travail.

Graphique : Facteurs potentiels influençant les IPO technologiques en 2026

Les fluctuations violentes depuis 2025 traduisent essentiellement une transition douloureuse du marché d’une bulle irrationnelle vers une valorisation fondée sur la réalité. À l’exception de quelques géants, le marché public ferme presque ses portes aux entreprises médiocres. Les investisseurs ne croient plus aux « histoires de croissance » espérées, mais examinent avec une sévérité inédite la rentabilité et la durabilité.

Pour les entrepreneurs, les règles du jeu ont peut-être changé à jamais : la rentabilité, la clarté stratégique et la maîtrise des coûts unitaires sont devenues des passeports pour survivre.

La traduction de cet article a également bénéficié de la contribution de Jin Lu.

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