Donald Trump prononce un discours affirmant que la guerre américano-iranienne est un investissement pour les générations futures, et annonce qu’elle prendra fin dans un délai de 2 à 3 semaines. Toutefois, le prix du pétrole continue de grimper au-delà de 100 dollars. Des experts mettent davantage en doute l’absence de plan de sortie, et comme les combats au Moyen-Orient se poursuivent, il est difficile de résoudre rapidement la crise énergétique mondiale.
Le président américain Donald Trump a prononcé plus tôt dans la journée, heure de Taïwan (le 2/4), un discours à la Maison-Blanche, réaffirmant que l’objectif stratégique clé visant à frapper l’Iran est près d’être atteint, et s’attendant à ce que les opérations militaires se terminent dans les 2 à 3 semaines à venir.
Il a souligné que cette guerre constitue un véritable investissement pour les générations futures des États-Unis, et a indiqué que les forces navales et aériennes iraniennes ont été détruites. Au début de son discours, Trump a également félicité l’Agence spatiale américaine (NASA) pour le lancement réussi de la fusée Artemis II (Artemis II), et a rendu hommage aux 13 militaires américains tués au combat.
Concernant le pétrole en forte hausse, Trump attribue entièrement la responsabilité aux attaques de l’Iran contre des navires marchands. À propos du blocus du détroit d’Hormuz qui préoccupe le monde entier, il a déclaré clairement que les États-Unis n’ont pas besoin du pétrole du Moyen-Orient, et a appelé les alliés qui dépendent de cette route maritime à assumer eux-mêmes les responsabilités militaires de protection et de réouverture du détroit.
Cependant, les propos de Trump n’ont pas apaisé le marché mondial du pétrole : le prix du pétrole brut de référence Brent a continué à monter pendant le discours, avec une hausse de plus de 4%, atteignant 105,38 dollars le baril. Le pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) est également monté à 104,21 dollars le baril, et le prix moyen de l’essence aux États-Unis a de son côté franchi la barre des 4 dollars par gallon.
Après le discours de Trump, les principaux indices boursiers asiatiques ont aussi reculé. Le Nikkei 225 du Japon baisse de 1,5 %, le Kospi de la Corée recule de 2,6 %, l’indice Hang Seng de Hong Kong baisse de 1 %, et l’indice pondéré de Taïwan chute aussi de 1,57 %. Depuis l’éclatement de la guerre entre l’Iran et les forces rivales à la fin février, les bourses asiatiques n’ont cessé d’osciller, car l’Asie dépend de l’approvisionnement énergétique du Moyen-Orient, ce qui la rend particulièrement vulnérable aux conflits géopolitiques dans la région.
Même si Trump l’affirme avec assurance, les experts semblent ne pas y adhérer.
D’après un article du 《BBC》, le conseiller de haut rang de l’ancien secrétaire d’État américain Antony Blinken, Melissa Toufanian, estime que les téléspectateurs américains, après avoir entendu le discours, ne seront que plus perplexes : le public ne perçoit absolument pas l’existence d’un plan de sortie clair ni d’un calendrier.
Un expert du Council on Foreign Relations, Imran Bayoumi, indique que la guerre contre l’Iran est extrêmement impopulaire aux États-Unis, et que ses répercussions économiques négatives toucheront directement les élections législatives de fin d’année. Il ajoute que Trump n’a pas proposé à dessein des objectifs de guerre clairement définis, ce qui lui permet de déclarer à tout moment unilatéralement la victoire et de retirer ses troupes.
Selon un article du 《CNN》, des spécialistes du marché énergétique avertissent aussi que si les États-Unis mettent fin à la guerre unilatéralement sans réouvrir le détroit d’Hormuz, ils ne pourront pas résoudre la crise énergétique mondiale actuelle.
Au cours des 8 dernières heures, les affrontements militaires dans la région du Moyen-Orient sont restés intenses. Le conseiller de haut rang du chef suprême iranien, Kamal Kharazi, a été grièvement blessé pendant les frappes aériennes de la coalition américano-israélienne contre Téhéran, et sa femme est décédée dans l’attaque. Dans le même temps, les forces armées américaines ont mené récemment des frappes aériennes intenses dans l’ouest de l’Irak, dans la province d’Al Anbar, visant les infrastructures des groupes de milices alliés à l’Iran.
Côté Liban, les bombardements d’Israël ont entraîné le déplacement de plus d’un million de personnes dans le pays. Dans le même temps, un responsable de l’armée israélienne a confirmé que, lors du premier jour de la Pâque, le système de défense antiaérienne d’Israël avait intercepté 10 missiles venus d’Iran : il s’agit de la plus grande attaque lancée par l’Iran depuis le début des hostilités.
Les Émirats arabes unis ont aussi activé d’urgence leurs systèmes de défense antiaérienne pour intercepter les missiles et les menaces de drones entrant.
Ces derniers jours, le Pakistan a intensifié ses efforts de médiation dans le conflit américano-iranien. Un analyste du Council on Foreign Relations, Michael Kugelman, estime que le Pakistan dépend fortement du pétrole importé via le détroit d’Hormuz, et qu’il a donc une motivation très forte pour faire retomber les tensions régionales. Le chef d’état-major de l’armée pakistanaise, Asim Munir, est particulièrement apprécié de Trump ; récemment, il a aussi remis aux États-Unis des suspects d’attentats terroristes, réussissant à gagner la confiance de la Maison-Blanche.
En revanche, lors de cette médiation diplomatique, l’Inde a été totalement marginalisée. Le ministre des Affaires étrangères indien S. Jaishankar a même rabaissé le rôle du Pakistan à celui d’un simple intermédiaire.
Quant à Israël, qui est en conflit étroit avec l’Iran, sa stratégie régionale s’est désormais totalement tournée vers la riposte préemptive, et le pays cherche en outre à établir une vaste zone tampon à la frontière entre Gaza, la Syrie et le Liban. L’ancien conseiller à la sécurité nationale d’Israël, Tzachi Hanegbi, a déclaré qu’en dépit du retrait des États-Unis du théâtre iranien, Israël continuerait à faire avancer la guerre au Liban.
Le chercheur du think tank Dahlia Scheindlin met toutefois en garde : la promesse de Benjamin Netanyahu, Premier ministre d’Israël, de détruire l’ennemi n’a pas été tenue. Le pays s’enfonce dans la boue d’une guerre permanente, et il lui est difficile de transformer un avantage militaire temporaire en une paix régionale durable.
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