Alors que les tensions entre les États-Unis et l’Iran approchent du point critique, et que Trump déploie une flotte de porte-avions, le président du Conseil suprême de sécurité nationale iranien Ali Larijani a confirmé samedi que le processus d’établissement d’un cadre de négociation entre Téhéran et Washington « progresse ».
(Précédent : Trump sur le point de frapper de manière décisive l’Iran ? La négociation nucléaire US-Iran bloquée, le porte-avions Lincoln en route vers le Moyen-Orient… L’indice de la pizza grimpe encore)
(Contexte supplémentaire : La stratégie de Trump : imposer une surtaxe de 25 % sur les échanges avec tous les partenaires commerciaux de l’Iran, la Chine et l’Inde en première ligne)
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Après que les deux parties se soient retrouvées dans une impasse concernant la limitation du programme nucléaire et des capacités de missiles balistiques, le groupe de combat du porte-avions Lincoln est arrivé cette semaine dans les eaux du Moyen-Orient, et des F-15E Strike Eagles ont été déployés en Jordanie… Les inquiétudes internationales portaient sur une éventuelle première frappe dans le détroit d’Hormuz ce week-end, mais à la dernière minute, Téhéran a surpris en déclarant qu’il souhaitait négocier.
Ali Larijani, président du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a confirmé samedi de manière rare que le processus d’établissement d’un cadre de négociation entre Téhéran et Washington « progresse ». Trump a ensuite, lors d’une interview avec les médias américains, confirmé lui aussi la chose dans son style habituel de négociateur.
L’Iran est en train de négocier avec nous, on va voir si on peut faire quelque chose, sinon il faudra attendre et voir… Les États-Unis ont une grande flotte en route vers le Moyen-Orient.
Alors que tout le monde pensait que la confrontation allait commencer, ils ont commencé à « faire monter les enchères ».
Puisqu’ils sont à la table, voyons quelles sont les demandes actuelles des deux côtés :
Les conditions américaines consistent essentiellement à faire désarmer totalement l’Iran : abandon du programme nucléaire, arrêt du développement de missiles balistiques, coupure du soutien aux milices houthis et autres proxies, et surtout, la condition que Téhéran reconnaisse Israël.
Pour l’Iran, ce n’est pas une négociation, c’est une capitulation. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré publiquement en Turquie : « Nous discuterons du nucléaire, mais personne ne doit toucher à nos missiles. » Selon lui, ces missiles sont la seule assurance de survie de l’Iran dans un Moyen-Orient entouré de loups.
C’est comme si vous négociez une acquisition, et que l’acheteur (les États-Unis) exige que le vendeur (l’Iran) détruise tous ses brevets essentiels avant de signer. Ce genre d’accord ne se conclut généralement pas à ce stade, sauf si l’une des parties est au bord de la faillite, et ici… la faillite signifierait la chute du régime.
Ce qui complique encore la situation, c’est que ce jeu n’est pas une simple danse entre Washington et Téhéran, mais que toute la région du Moyen-Orient, voire Moscou, cherchent à intervenir.
Juste avant que Larijani ne fasse preuve de bonne volonté en Moscou, il y a rencontré Poutine. Le ministre turc des Affaires étrangères et le Qatar se sont également mêlés à la partie, chacun cherchant à tirer profit de cette nouvelle architecture de pouvoir, ou au moins à éviter d’être sacrifié.
Pour le marché, la nouvelle est une « analgésique à court terme ». La tension pourrait se calmer temporairement grâce aux négociations, Wall Street pourrait aussi respirer un peu, mais tant que la flotte américaine reste en position de frappe, et que l’Iran refuse de lâcher ses missiles, cette marche sur la corde raide pourrait à tout moment basculer dans le chaos.
Dans les semaines à venir, surveillez le détroit d’Hormuz : chaque souffle de vent y est susceptible de faire bouger la volatilité des marchés mondiaux.