La carrière du prochain président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh



1. Contexte personnel et début de carrière
· Année de naissance : 1970
· Formation académique : Bachelor en politiques publiques à Stanford ; Doctorat en droit à Harvard ; études complémentaires à la Sloan School of Management du MIT et à la Harvard Business School.
· Contexte familial : Son épouse, Jane Lauder, est héritière de la famille Estée Lauder, et son beau-père, Ronald Lauder, est un important donateur républicain et ami de longue date de Trump.
Débuts professionnels :
Morgan Stanley : 1995-2002, au département fusion-acquisition.
Conseiller économique à la Maison Blanche : 2002-2006, en tant qu’assistant spécial en politique économique pour le président George W. Bush et secrétaire exécutif du Conseil économique national.

2. Période en tant que membre du Conseil des gouverneurs de la Fed

· Nomination : en 2006, par le président George W. Bush, à l’âge de 35 ans, il devient le plus jeune gouverneur de la Fed, poste qu’il occupe jusqu’en 2011.
· Rôle lors de la crise financière : en tant que conseiller étroit du président Bernanke, grâce à ses contacts à Wall Street, il devient un interlocuteur clé entre la Fed et les marchés financiers, participant aux décisions de gestion de crise après la faillite de Lehman Brothers.

3. Après son départ et jusqu’à aujourd’hui

· Activités principales : chercheur à l’Hoover Institution de Stanford ; professeur à la Stanford Graduate School of Business ; partenaire du family office de l’investisseur milliardaire Stanley Druckenmiller.
· Relation avec Trump : en 2016, il a conseillé Trump sur la politique économique lors de sa campagne. La relation politique et commerciale de son beau-père lui a offert un réseau de contacts unique.

Gestion de crise et évolution des positions politiques

La position de Warsh sur la politique monétaire a évolué d’un « hawkish » à ce qu’on appelle un « pragmatique monétaire », ses opinions étant illustrées lors de deux crises majeures.

Crise financière mondiale de 2008

· Erreurs initiales : lors de l’approfondissement de la crise et de l’augmentation des risques de déflation, il restait préoccupé par l’inflation, souhaitant que la Fed maintienne des taux élevés.
· Attitude contradictoire face à l’assouplissement quantitatif : fondamentalement critique à l’égard de la politique de QE, qu’il considérait comme une distorsion du marché. En 2011, il s’est opposé initialement à l’achat par la Fed de 600 milliards de dollars de dettes souveraines, mais a finalement voté en faveur après avoir été convaincu par Bernanke, avant de quitter ses fonctions peu après.

Crise de la COVID-19 en 2020

· Diagnostic central : il a qualifié cette crise de « plus grande crise de liquidité depuis la Seconde Guerre mondiale », insistant sur la nécessité d’éviter qu’elle ne se transforme en crise de la dette.
· Recommandations politiques : il a plaidé pour une action coordonnée entre la banque centrale et le ministère des Finances pour fournir un soutien massif à toutes tailles d’entreprises afin de préserver la « microstructure » de l’économie. Il a également critiqué le manque de coordination entre banques centrales mondiales.

Évolution des positions : du « hawkish » au « pragmatique monétaire »

· Ancien label « hawkish » : lié à sa vigilance sur l’inflation durant la crise financière et à sa méfiance envers l’assouplissement monétaire.
· Recentrement : pour obtenir sa nomination, ses déclarations publiques se sont alignées de manière plus favorable à Trump. En juillet 2023, il a critiqué le refus de la Fed de réduire les taux comme une « erreur majeure » et a estimé que la pression de Trump sur la Fed était justifiée. En novembre 2023, il a écrit que l’intelligence artificielle pourrait devenir une forte « force déflationniste » permettant de justifier une baisse des taux, en accord avec la position de Trump.
· Idée centrale : il a proposé un « pragmatisme monétaire » basé sur une réduction agressive du bilan pour contrôler directement l’inflation, puis créer un espace sécurisé pour la baisse des taux une fois l’inflation maîtrisée, tout en répondant aux pressions politiques et aux inquiétudes du marché.

Principes politiques clés et défis potentiels

Si Warsh est nommé, voici le cadre de sa politique et les défis qu’il pourrait rencontrer :

1. Cadre politique principal
Son principe central pourrait se résumer à « réduire le bilan d’abord, baisser les taux ensuite », pour corriger ce qu’il perçoit comme des distorsions de marché dues à une politique trop accommodante.

· Réforme du mécanisme de politique monétaire : prône la réduction du bilan massif de la Fed, la diminution des réserves excédentaires dans le système bancaire, et la transition d’un mécanisme basé sur des « réserves abondantes » à un mécanisme de « réserves rares » pour encourager davantage de prêts aux entreprises.
· Restructuration de la Fed : critique la sur-extension de ses fonctions (notamment dans le domaine du changement climatique), et souhaite un retour à ses missions fondamentales. Il pourrait réformer la communication de la Fed et ses modèles de prévision économique.

2. Défis principaux

· Équilibrer politique et indépendance : doit gérer la pression politique pour des baisses de taux importantes (jusqu’à 1%) tout en conservant sa vigilance sur l’inflation et l’indépendance de la Fed. Le marché prévoit actuellement seulement deux baisses de taux d’ici 2026.
· Difficultés de mise en œuvre : la stratégie « réduction du bilan puis baisse des taux » comporte des contradictions opérationnelles. Une réduction agressive du bilan pourrait perturber la liquidité du marché, alors que le système bancaire a besoin de réserves pour soutenir le crédit et la croissance.
· Résistance à la réforme interne : la Fed étant une institution complexe, transformer ses idées personnelles en consensus interne et en politiques concrètes sera un défi.

En résumé, Kevin Warsh est un élite aux parcours variés entre Wall Street, la Maison Blanche et le monde académique. Son engagement lors de la crise de 2008 a été profond, et sa position politique a évolué d’un « hawkish » initial vers un « pragmatique monétaire » adapté aux réalités politiques. Sa politique, audacieuse et potentiellement disruptive, devra néanmoins faire face à des contraintes politiques, économiques et institutionnelles multiples.
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DonaldTrumpvip
· Il y a 5h
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Tous les actifs risqués vont bientôt voir leurs fonds retirés, coup sur coup, revenant à une politique monétaire pratique
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GateUser-78908d20vip
· Il y a 5h
Bonne année ! 🤑
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