De la régulation prudente à l’adoption radicale — La tournure de la cryptomonnaie aux États-Unis
Au cours des dernières années, l’attitude des États-Unis envers la cryptomonnaie a connu une transformation radicale. Passant d’une posture prudente à une adoption proactive sous l’administration Trump, cela reflète non seulement un changement de stratégie réglementaire, mais aussi un ajustement profond dans la configuration de la compétition financière mondiale. Les États-Unis tentent, à travers la cryptomonnaie et la technologie blockchain, de maintenir leur position de leader international du dollar dans l’ère financière numérique, tout en promouvant consciemment et en protégeant leur avantage technologique dans la compétition économique.
Un dilemme triple qui motive des choix stratégiques
Pourquoi les États-Unis deviennent-ils soudainement si actifs dans la cryptomonnaie ? En apparence, cela semble guidé par le marché, mais en profondeur, trois défis majeurs en sont la cause :
Premier, l’inquiétude liée à la crise de la dette. La dette fédérale américaine dépasse 36 000 milliards de dollars, avec un ratio dette/PIB supérieur à 120 %. La baisse de l’attractivité des obligations américaines traditionnelles et la réduction continue des principaux créanciers accentuent la pression. En intégrant des actifs cryptographiques comme le Bitcoin et l’Ethereum dans leur réserve stratégique nationale, les États-Unis cherchent à utiliser le « or numérique » pour couvrir le risque de dépréciation du dollar, tout en envoyant un signal au marché mondial : les actifs en dollars restent fiables.
Deuxième, l’intensification de la compétition financière numérique mondiale. La Chine, l’Union européenne et d’autres économies avancent dans le développement de monnaies numériques de banque centrale (CBDC), cherchant à contrôler leur destin financier. Les États-Unis ont choisi une voie différente — en favorisant une régulation souple pour encourager l’innovation privée, attirant capitaux et technologies vers l’industrie cryptographique. Il s’agit d’une course pour dominer la parole dans la finance numérique.
Troisième, la menace de dédollarisation. Les pays en développement accélèrent leur « dédollarisation » dans les paiements internationaux, avec l’émergence de nouveaux systèmes de paiement et de ponts multilatéraux en CBDC. Les États-Unis doivent rapidement établir de nouvelles voies en blockchain pour préserver leur domination financière à long terme.
Une stratégie ambitieuse en plusieurs volets
L’administration Trump a lancé une série de mesures coordonnées, construisant un cadre complet allant du juridique à l’actif en passant par les mécanismes :
Progrès législatifs. La loi GENIUS a instauré un cadre réglementaire pour les stablecoins, exigeant leur ancrage à 1:1 avec le dollar, et les définissant comme des « jetons de dollar légaux », favorisant leur usage dans les paiements. La loi L-G a clarifié la classification des actifs numériques, résolvant les différends de pouvoir entre la SEC et la CFTC, réduisant ainsi l’incertitude juridique. Par ailleurs, la suppression de la règle comptable SAB121 a considérablement abaissé la barrière à l’entrée pour les institutions financières souhaitant gérer des actifs cryptographiques.
Création d’une réserve stratégique nationale. En mars 2025, les États-Unis ont annoncé l’inclusion du Bitcoin, de l’Ethereum et d’autres actifs cryptographiques dans leur réserve nationale, avec un objectif d’accumuler 1 million de bitcoins en cinq ans, créant une « version numérique de Nock’s Fortress ». La majorité de ces actifs proviennent de confiscations judiciaires, avec un engagement à long terme de détention, leur conférant un statut stratégique similaire à celui de l’or.
Renforcement de la coordination intersectorielle. Le Conseil économique national de la Maison Blanche a créé un « Groupe de travail sur le marché des actifs numériques » pour coordonner la SEC, la CFTC, le Trésor et autres départements, accélérant l’élaboration du cadre réglementaire et évitant les chevauchements ou divisions politiques.
Dialogue direct entre industrie et gouvernement. En mars 2025, le sommet sur la cryptomonnaie à la Maison Blanche a rassemblé leaders industriels, responsables politiques et universitaires, pour s’accorder sur quatre axes : réserve, législation, régulation et compétitivité, envoyant un signal clair de soutien politique.
Performance du marché et bénéfices pour l’industrie
Ces politiques portent rapidement leurs fruits. Coinbase, Circle et d’autres entreprises cryptographiques voient leur activité s’étendre rapidement aux États-Unis, créant des milliers d’emplois. L’industrie cryptographique, par ses dons politiques et ses activités de lobbying, est devenue un acteur clé dans la formation des politiques américaines. La question des cryptomonnaies devient progressivement un sujet consensuel entre les deux partis américains.
La réglementation face à la compétition mondiale
Mais cette avancée rapide comporte aussi des défis :
L’Union européenne adopte une approche radicalement différente. Son règlement sur les marchés des actifs cryptographiques (MiCA) impose des seuils élevés, avec des restrictions strictes pour les émetteurs de stablecoins, visant à limiter l’expansion des stablecoins en dollars en Europe. La Corée du Sud, Singapour et d’autres pays ont également mis en place leurs propres régulations. L’absence de standards mondiaux unifiés signifie que les entreprises américaines doivent faire face à des coûts de conformité transfrontaliers complexes.
Une fragmentation réglementaire interne. La SEC et la CFTC ont encore des divergences sur la nature des actifs cryptographiques, et les régulations au niveau des États varient (le Wyoming encourage l’innovation, New York impose une régulation stricte). Cette incohérence affaiblit l’efficacité de la stratégie globale.
Réflexions sur les risques à long terme
L’intégration massive des actifs cryptographiques dans la réserve nationale est une mise en jeu. La volatilité du Bitcoin, les controverses sur la consommation énergétique, les risques liés aux transactions illicites persistent. En cas de forte turbulence du marché, le système financier américain pourrait subir un choc systémique.
Plus profondément, si la confiance dans le dollar continue de s’éroder, la détention de Bitcoin pourrait évoluer vers un actif de protection indépendant du dollar, ce qui affaiblirait l’objectif d’un « dollar numérique ». La fragmentation des régulations mondiales obligera aussi les entreprises à gérer plusieurs standards, freinant l’innovation.
La nouvelle configuration de la compétition financière mondiale
Les États-Unis tentent d’étendre leur domination financière en combinant « conception institutionnelle + intégration technologique » dans le domaine numérique. À court terme, cette stratégie peut renforcer leur leadership via la dynamique du marché. Mais à long terme, son succès dépendra de leur capacité à gérer la fragmentation réglementaire intérieure, la compétition des règles internationales et la confiance dans le dollar.
Sous la condition de protéger la concurrence économique et l’équité du marché, cette compétition mondiale dans la finance numérique est en train de remodeler l’ordre international. À l’avenir, le cadre financier mondial se construira progressivement dans le bras de fer entre « dollar numérique » et « dédollarisation ».
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Nouveau jeu financier mondial : comment les États-Unis redéfinissent leur avantage économique dans la compétition numérique
De la régulation prudente à l’adoption radicale — La tournure de la cryptomonnaie aux États-Unis
Au cours des dernières années, l’attitude des États-Unis envers la cryptomonnaie a connu une transformation radicale. Passant d’une posture prudente à une adoption proactive sous l’administration Trump, cela reflète non seulement un changement de stratégie réglementaire, mais aussi un ajustement profond dans la configuration de la compétition financière mondiale. Les États-Unis tentent, à travers la cryptomonnaie et la technologie blockchain, de maintenir leur position de leader international du dollar dans l’ère financière numérique, tout en promouvant consciemment et en protégeant leur avantage technologique dans la compétition économique.
Un dilemme triple qui motive des choix stratégiques
Pourquoi les États-Unis deviennent-ils soudainement si actifs dans la cryptomonnaie ? En apparence, cela semble guidé par le marché, mais en profondeur, trois défis majeurs en sont la cause :
Premier, l’inquiétude liée à la crise de la dette. La dette fédérale américaine dépasse 36 000 milliards de dollars, avec un ratio dette/PIB supérieur à 120 %. La baisse de l’attractivité des obligations américaines traditionnelles et la réduction continue des principaux créanciers accentuent la pression. En intégrant des actifs cryptographiques comme le Bitcoin et l’Ethereum dans leur réserve stratégique nationale, les États-Unis cherchent à utiliser le « or numérique » pour couvrir le risque de dépréciation du dollar, tout en envoyant un signal au marché mondial : les actifs en dollars restent fiables.
Deuxième, l’intensification de la compétition financière numérique mondiale. La Chine, l’Union européenne et d’autres économies avancent dans le développement de monnaies numériques de banque centrale (CBDC), cherchant à contrôler leur destin financier. Les États-Unis ont choisi une voie différente — en favorisant une régulation souple pour encourager l’innovation privée, attirant capitaux et technologies vers l’industrie cryptographique. Il s’agit d’une course pour dominer la parole dans la finance numérique.
Troisième, la menace de dédollarisation. Les pays en développement accélèrent leur « dédollarisation » dans les paiements internationaux, avec l’émergence de nouveaux systèmes de paiement et de ponts multilatéraux en CBDC. Les États-Unis doivent rapidement établir de nouvelles voies en blockchain pour préserver leur domination financière à long terme.
Une stratégie ambitieuse en plusieurs volets
L’administration Trump a lancé une série de mesures coordonnées, construisant un cadre complet allant du juridique à l’actif en passant par les mécanismes :
Progrès législatifs. La loi GENIUS a instauré un cadre réglementaire pour les stablecoins, exigeant leur ancrage à 1:1 avec le dollar, et les définissant comme des « jetons de dollar légaux », favorisant leur usage dans les paiements. La loi L-G a clarifié la classification des actifs numériques, résolvant les différends de pouvoir entre la SEC et la CFTC, réduisant ainsi l’incertitude juridique. Par ailleurs, la suppression de la règle comptable SAB121 a considérablement abaissé la barrière à l’entrée pour les institutions financières souhaitant gérer des actifs cryptographiques.
Création d’une réserve stratégique nationale. En mars 2025, les États-Unis ont annoncé l’inclusion du Bitcoin, de l’Ethereum et d’autres actifs cryptographiques dans leur réserve nationale, avec un objectif d’accumuler 1 million de bitcoins en cinq ans, créant une « version numérique de Nock’s Fortress ». La majorité de ces actifs proviennent de confiscations judiciaires, avec un engagement à long terme de détention, leur conférant un statut stratégique similaire à celui de l’or.
Renforcement de la coordination intersectorielle. Le Conseil économique national de la Maison Blanche a créé un « Groupe de travail sur le marché des actifs numériques » pour coordonner la SEC, la CFTC, le Trésor et autres départements, accélérant l’élaboration du cadre réglementaire et évitant les chevauchements ou divisions politiques.
Dialogue direct entre industrie et gouvernement. En mars 2025, le sommet sur la cryptomonnaie à la Maison Blanche a rassemblé leaders industriels, responsables politiques et universitaires, pour s’accorder sur quatre axes : réserve, législation, régulation et compétitivité, envoyant un signal clair de soutien politique.
Performance du marché et bénéfices pour l’industrie
Ces politiques portent rapidement leurs fruits. Coinbase, Circle et d’autres entreprises cryptographiques voient leur activité s’étendre rapidement aux États-Unis, créant des milliers d’emplois. L’industrie cryptographique, par ses dons politiques et ses activités de lobbying, est devenue un acteur clé dans la formation des politiques américaines. La question des cryptomonnaies devient progressivement un sujet consensuel entre les deux partis américains.
La réglementation face à la compétition mondiale
Mais cette avancée rapide comporte aussi des défis :
L’Union européenne adopte une approche radicalement différente. Son règlement sur les marchés des actifs cryptographiques (MiCA) impose des seuils élevés, avec des restrictions strictes pour les émetteurs de stablecoins, visant à limiter l’expansion des stablecoins en dollars en Europe. La Corée du Sud, Singapour et d’autres pays ont également mis en place leurs propres régulations. L’absence de standards mondiaux unifiés signifie que les entreprises américaines doivent faire face à des coûts de conformité transfrontaliers complexes.
Une fragmentation réglementaire interne. La SEC et la CFTC ont encore des divergences sur la nature des actifs cryptographiques, et les régulations au niveau des États varient (le Wyoming encourage l’innovation, New York impose une régulation stricte). Cette incohérence affaiblit l’efficacité de la stratégie globale.
Réflexions sur les risques à long terme
L’intégration massive des actifs cryptographiques dans la réserve nationale est une mise en jeu. La volatilité du Bitcoin, les controverses sur la consommation énergétique, les risques liés aux transactions illicites persistent. En cas de forte turbulence du marché, le système financier américain pourrait subir un choc systémique.
Plus profondément, si la confiance dans le dollar continue de s’éroder, la détention de Bitcoin pourrait évoluer vers un actif de protection indépendant du dollar, ce qui affaiblirait l’objectif d’un « dollar numérique ». La fragmentation des régulations mondiales obligera aussi les entreprises à gérer plusieurs standards, freinant l’innovation.
La nouvelle configuration de la compétition financière mondiale
Les États-Unis tentent d’étendre leur domination financière en combinant « conception institutionnelle + intégration technologique » dans le domaine numérique. À court terme, cette stratégie peut renforcer leur leadership via la dynamique du marché. Mais à long terme, son succès dépendra de leur capacité à gérer la fragmentation réglementaire intérieure, la compétition des règles internationales et la confiance dans le dollar.
Sous la condition de protéger la concurrence économique et l’équité du marché, cette compétition mondiale dans la finance numérique est en train de remodeler l’ordre international. À l’avenir, le cadre financier mondial se construira progressivement dans le bras de fer entre « dollar numérique » et « dédollarisation ».