La vague d'introduction en bourse à Hong Kong en 2026, le véritable choix du capital ayant passé le test de Turing

À la fin de 2025 et au début de 2026, les entreprises chinoises de semi-conducteurs et d’IA concentrent leurs efforts sur la cotation à Hong Kong. Ce phénomène ne se limite pas à un simple boom du marché. Il s’agit plutôt d’un test de Turing révélant la stratégie de survie de chaque entreprise à travers leur structure de capital et leur liste d’investisseurs. La question de qui a investi et quels capitaux ont été injectés devient le véritable critère pour discerner leurs intentions et leur trajectoire de survie.

Le test de Turing pour éliminer l’américanisation : pourquoi Hong Kong est devenu la seule option

Autrefois, Hong Kong servait de tremplin pour le capital chinois vers la scène internationale. Cependant, avec l’intensification de la guerre technologique sino-américaine, la situation a radicalement changé. En raison des régulations technologiques américaines et des sanctions, les entreprises chinoises de semi-conducteurs et d’IA se voient fermer la porte des cotations américaines. En même temps, elles restent dépendantes de la fixation des prix internationaux et de la liquidité extérieure.

Dans ce dilemme, Hong Kong s’est transformée en plus qu’un simple centre financier : elle devient une zone tampon stratégique. Premièrement, en s’inscrivant dans le cadre juridique chinois, elles minimisent les risques liés aux données et à la réglementation. Deuxièmement, elles conservent un accès aux capitaux internationaux, notamment aux fonds souverains du Moyen-Orient et aux capitaux à long terme d’Asie du Sud-Est. Troisièmement, grâce à la réforme du système de la Bourse de Hong Kong, notamment l’introduction de l’article 18C, même les entreprises stratégiques non encore rentables peuvent désormais s’y coter.

La ruée des entreprises technologiques chinoises vers Hong Kong est une course pour sécuriser des capitaux avant l’arrivée de sanctions plus sévères. Il ne s’agit pas d’une opportunité de marché, mais d’une nécessité de survie.

La réorganisation des listes d’investisseurs : un tournant du capital en dollars vers les fonds du Moyen-Orient

L’essence de cette vague de cotations à Hong Kong réside dans le changement radical de la composition des investisseurs. Autrefois, les fonds en dollars américains constituaient la principale source de capitaux pour les entreprises technologiques chinoises. Mais, avec la montée des tensions géopolitiques, cette configuration est en train de s’effondrer.

Les capitaux à long terme en dollars reculent systématiquement. À leur place, émergent des fonds souverains du Moyen-Orient tels que l’ADIA, Eastspring, Goei Asset, ainsi que des hedge funds d’Asie-Pacifique, qui deviennent les principaux fournisseurs de liquidités. Ils jouent un rôle d’ancrage dans la fixation des prix internationaux et instaurent de nouvelles normes d’évaluation.

Parallèlement, l’influence du capital en renminbi (yuan) s’accroît rapidement. Les grandes entreprises et les capitaux publics locaux deviennent des investisseurs stratégiques, non plus pour le seul rendement financier, mais pour l’acquisition de puissance de calcul, de talents et d’écosystèmes. Ce changement dans la composition des investisseurs constitue en soi un test de Turing, révélant à quel point la stratégie de survie des entreprises chinoises est concrètement mise en œuvre.

Quatre modèles de survie : la refonte de la structure de capital

En examinant la liste des investisseurs des quatre entreprises leaders à Hong Kong en 2026 — MiniMax, Zhibiao, Bilan, Joye — on voit clairement comment la stratégie de capital des entreprises technologiques chinoises de haute technologie se déploie en plusieurs couches.

Ces entreprises présentent toutes quatre changements fondamentaux : premièrement, la diversification des sources de capitaux, passant du dollar à une pluralité de devises ; deuxièmement, le remplacement des fournisseurs de liquidités extérieures par des fonds du Moyen-Orient et d’Asie-Pacifique ; troisièmement, la transformation de la chaîne d’approvisionnement en une structure interne de détention d’actions ; quatrièmement, la redéfinition des capitaux publics en tant que partenaires stratégiques plutôt que simples investisseurs.

MiniMax : de la confiance dans le dollar à l’alliance de la chaîne d’approvisionnement

L’évolution du capital de MiniMax se divise en trois phases.

Dans la première phase, les VC en dollars tels que Gaoling Capital, IDG, Sequoia China, Gobi Partners dominaient. Leur rôle était de transformer la mise sur la technologie en une narration de licorne prometteuse. Leur fonction n’était pas de générer des profits immédiats, mais d’étendre la confiance.

Dans la deuxième phase, des géants comme Alibaba, Tencent, Mihayou, Xiaohongshu ont rejoint le mouvement. Il ne s’agissait plus simplement d’investir, mais d’intégrer la chaîne d’approvisionnement. Les grandes entreprises fournissent scène, liquidité et puissance de calcul, tandis que MiniMax offre en échange l’accès aux actions et à l’écosystème. La base client et les canaux de distribution de chaque entreprise sont inscrits dans la structure actionnariale.

Enfin, dans la troisième phase, des acteurs comme ADIA, Mirae Asset, HanA Investment, Goei Asset ont rejoint le cercle. Ils remplacent la liquidité en dollars à l’échelle internationale. Les fonds souverains du Moyen-Orient garantissent l’afflux de capitaux extérieurs, les hedge funds d’Asie-Pacifique fixent la norme de prix, et le capital en renminbi assure la stabilité structurelle. Cela dépasse la simple fixation du prix d’IPO, annonçant la construction d’un nouveau système d’évaluation.

Zhibiao AI : du crédit académique à l’actif national

L’histoire du capital de Zhibiao diffère de celle d’une startup classique : elle s’inscrit plutôt dans une trajectoire nationale.

Le crédit académique précède tout. La technologie, issue du laboratoire d’ingénierie de la connaissance en informatique de Tsinghua, a attiré les premiers capitaux. Les investisseurs initiaux comme Mingjing Venture, Junlian Capital, Zhongguo Chuangsheng ont parié non sur un profit immédiat, mais sur la nécessité stratégique pour la Chine de développer ses grands modèles linguistiques.

Ensuite, des grandes entreprises concurrentes ont rejoint la liste des actionnaires, telles qu’Alibaba, Tencent, Meituan, Xiaomi. Cela peut sembler contradictoire, mais en réalité, c’est l’expression d’un malaise collectif : elles ne veulent pas monopoliser, mais craignent que d’autres ne le fassent. La neutralité de Zhibiao devient alors une ressource rare.

Le tournant intervient avec l’entrée de capitaux locaux, notamment le Fonds d’investissement en intelligence artificielle de Beijing, le Fonds de développement industriel de Shanghai, le Groupe d’investissement de Hangzhou. Après la baisse de la liquidité en dollars, ces capitaux publics en yuan prennent le contrôle. Leur objectif est clair : développer centres de calcul, talents et écosystèmes en aval et en amont.

L’ultime étape est la cotation à Hong Kong. Des fonds mondiaux comme Goei Asset, Zhongjin, Tai Kang Life, Prosperity7 Ventures entrent dans la danse. Cela signifie que Zhibiao est devenue un « actif stratégique national » issu d’un crédit académique. Tout ce processus constitue un test de Turing : qui a investi, à quel stade, et quel rôle joue chaque investisseur, révèlent la position réelle et la fonction de l’entreprise.

Bilan Tech : l’entrée des capitaux domestiques après la liste en sanctions

La structure de Bilan illustre parfaitement le manuel de financement en temps de guerre.

Au début, Mingjing Venture, IDG, Gaoling Capital apportaient leur rapidité. Leur rôle était de transformer le pari technologique en une narration de licorne reconnue par le marché.

Mais lorsque Bilan a été inscrit sur la liste noire commerciale américaine, un tournant s’est produit. La frontière du dollar s’est resserrée, et les risques liés à la chaîne d’approvisionnement ont explosé. Des entreprises et fonds locaux comme Shanghai Guosheng, Guangzhou Industrial Investment, Gri Gold Investment, Hengqin Gold Investment ont alors rejoint la partie. Ils ont apporté un soutien politique et un capital patient pour financer la recherche et le développement.

L’inscription d’investisseurs comme Shandong Digital, Zhengda Group dans la liste IPO est particulièrement significative : c’est un signal clair : il faut inscrire dans la structure de capital la conquête client. Les actions deviennent des contrats de défense, et le marché en aval se verrouille dans la structure de capital. La distribution des GPU nationaux se fait désormais par la propriété d’actions.

Joye : de la mondialisation à l’actif stratégique national

Parmi ces quatre entreprises, Joye est la plus proche d’un résumé de 20 ans de capital.

De 2005 à 2012, c’était l’âge d’or de la mondialisation. Partant du réseau d’anciens élèves de Tsinghua, avec des investissements en amorçage, puis des VC de Silicon Valley (Walden International, IPV Capital), le financement a permis de soutenir la confiance dans l’opération, la croissance et la fiabilité de la chaîne d’approvisionnement internationale. C’était la voie classique de croissance à l’époque où la Chine et les États-Unis n’étaient pas en conflit.

Après 2016, Joye a commencé à revenir sur le territoire. Avant l’IPO, elle a massivement introduit des fonds en renminbi et des capitaux industriels. Des fonds comme Wuweifeng, Zhongxin Jiyuan, ainsi que des capitaux publics industriels ont conduit à une cotation sur A-shares.

En 2026, la double cotation sur A-shares et H-shares (Hong Kong) est achevée. Des compagnies d’assurance nationales comme Huasha, China Life, Ping An Pension, ainsi que des fonds souverains mondiaux comme GIC de Singapour entrent dans la danse. Cela marque la transformation de Joye, passant d’un « produit de la mondialisation » à un « actif stratégique national ».

La cotation à Hong Kong : un test de Turing géopolitique, pas seulement un marché

Le signal est clair : la guerre technologique sino-américaine ne se relâchera pas, elle s’institutionnalise. Les entreprises technologiques chinoises ne comptent plus sur un accord global.

Elles adoptent une nouvelle stratégie : mobiliser des capitaux pour reconstruire leur système d’évaluation. Les fonds du Moyen-Orient et d’Asie-Pacifique remplacent le dollar. La chaîne d’approvisionnement se internalise dans une structure d’actions, et les grandes entreprises ainsi que les capitaux publics locaux verrouillent la chaîne en tant que capital. Les capitaux publics ne sont plus de simples investisseurs, mais entrent sous forme de capitaux attractifs, échangeant leur siège, leur puissance de calcul, leurs talents et leurs écosystèmes.

La liste des investisseurs n’est pas un simple répertoire de noms. C’est le prix en temps réel du risque géopolitique, un test de Turing permettant de discerner à quel camp appartient chaque entreprise, qui la soutient réellement.

Réussir ce test de Turing en 2026, c’est la véritable signification de la cotation à Hong Kong. Ce n’est pas une question de marché, mais une lutte pour la survie, pour trouver les capitaux qui soutiendront l’entreprise avant que le vent ne tourne. Il n’y a plus d’échappatoire.

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