Strategy a décidé d’élargir son offre d’instruments financiers au-delà de l’Atlantique, en introduisant le STRE (Stream), la nouvelle action privilégiée perpétuelle libellée en euro. Ce produit représentait une opportunité stratégique pour capter la demande croissante d’investissements à haut rendement sur le marché européen. Cependant, environ trois mois après le lancement officiel, le STRE n’a pas répondu aux attentes de la société de Michael Saylor, restant en grande partie inaperçu auprès des investisseurs européens.
STRE comme pont entre les marchés : des attentes à la réalité
Le STRE a été conçu comme l’équivalent européen de Stretch (STRC), l’action privilégiée à haut rendement déjà consolidée aux États-Unis. L’action a été émise avec une valeur nominale de 100 euros (équivalant à environ 115 dollars) par titre et offre un dividende annuel de 10 %. Structuré, il se place au-dessus du capital ordinaire dans la hiérarchie de paiement, ce qui le rend théoriquement attractif pour les investisseurs orientés vers le revenu.
En novembre 2025, Strategy a effectivement levé 715 millions de dollars via le STRE. Cependant, le prix n’a pas été fixé à la valeur nominale : l’instrument a été proposé avec une décote de 20 % par rapport à la valeur de 80 euros par action, une concession significative qui reflète les défis rencontrés dans l’accueil du marché et les conditions économiques moins favorables que prévu initialement.
Les nœuds structurels : accessibilité et transparence en tête
Selon Khing Oei, fondateur et CEO de Treasury, une société spécialisée dans la gestion de trésorerie bitcoin basée aux Pays-Bas, l’échec relatif du STRE trouve ses racines dans des problèmes infrastructurels bien plus concrets que d’éventuelles faiblesses du produit lui-même.
Le premier obstacle est pratique : le STRE est difficile à acheter. L’action est cotée sur l’Euro MTF du Luxembourg, une plateforme manquant d’outils conviviaux et d’une distribution capillaire. Interactive Brokers, l’un des intermédiaires mondiaux les plus importants, ne propose pas le STRE dans son catalogue de produits. La même limitation touche de nombreuses autres plateformes de courtage destinées aux épargnants retail, qui n’autorisent pas le trading sur cet instrument.
Ensuite, il y a le problème de la visibilité et de la transparence des données de marché. TradingView, l’une des principales sources d’informations sur les prix historiques et les volumes d’échange pour des millions d’investisseurs, affiche des données assez décevantes : une capitalisation boursière enregistrée de 39 milliards de dollars (donnée contestable) accompagnée de volumes d’échange quotidiens extrêmement faibles, autour de 1 300 dollars. Cette rareté de données fiables et facilement consultables constitue un obstacle majeur à l’adoption par les investisseurs, qui peinent à évaluer correctement la liquidité réelle et la performance du titre dans le temps.
Les perspectives pour le STRE : de nouvelles plateformes comme solution
Face aux problèmes décrits, Oei suggère que le STRE pourrait bénéficier d’une cotation sur des marchés alternatifs, notamment aux Pays-Bas. L’écosystème financier et de trading néerlandais possède des caractéristiques qui pourraient s’avérer plus favorables à la croissance de l’adoption : une distribution plus structurée vers les investisseurs européens, un market making plus profond garantissant des spreads bid-ask plus serrés, et surtout une meilleure accessibilité pour les épargnants retail via des intermédiaires locaux consolidés.
À quoi s’attendre : le dilemme stratégique de Strategy
Il reste toutefois incertain dans quelle direction Strategy décidera d’aller. Le CEO Michael Saylor a par le passé exprimé une certaine prudence concernant l’expansion géographique, estimant que le marché américain demeure la priorité principale. Actuellement, Strategy a déjà lancé quatre produits distincts d’actions privilégiées perpétuelles libellées en dollars, chacun avec ses propres caractéristiques et une base d’investisseurs consolidée.
La question stratégique est : le STRE recevra-t-il un nouvel élan et une réinvention structurelle pour conquérir le marché européen, ou restera-t-il une expérience d’expansion internationale peu exploitée ? Avec le bitcoin actuellement échangé autour de 88 000 dollars et une part significative de la richesse investie en bitcoin caractérisée par des coûts de base supérieurs à ce seuil, les investisseurs européens pourraient en effet être intéressés par des instruments à rendement prévisible comme le STRE, à condition qu’ils deviennent accessibles et transparents. Le prochain chapitre de cette histoire dépendra des choix que Strategy fera dans les prochains mois.
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Le retard du lancement européen de STRE de Strategy : quand un rendement de 10 % ne suffit pas
Strategy a décidé d’élargir son offre d’instruments financiers au-delà de l’Atlantique, en introduisant le STRE (Stream), la nouvelle action privilégiée perpétuelle libellée en euro. Ce produit représentait une opportunité stratégique pour capter la demande croissante d’investissements à haut rendement sur le marché européen. Cependant, environ trois mois après le lancement officiel, le STRE n’a pas répondu aux attentes de la société de Michael Saylor, restant en grande partie inaperçu auprès des investisseurs européens.
STRE comme pont entre les marchés : des attentes à la réalité
Le STRE a été conçu comme l’équivalent européen de Stretch (STRC), l’action privilégiée à haut rendement déjà consolidée aux États-Unis. L’action a été émise avec une valeur nominale de 100 euros (équivalant à environ 115 dollars) par titre et offre un dividende annuel de 10 %. Structuré, il se place au-dessus du capital ordinaire dans la hiérarchie de paiement, ce qui le rend théoriquement attractif pour les investisseurs orientés vers le revenu.
En novembre 2025, Strategy a effectivement levé 715 millions de dollars via le STRE. Cependant, le prix n’a pas été fixé à la valeur nominale : l’instrument a été proposé avec une décote de 20 % par rapport à la valeur de 80 euros par action, une concession significative qui reflète les défis rencontrés dans l’accueil du marché et les conditions économiques moins favorables que prévu initialement.
Les nœuds structurels : accessibilité et transparence en tête
Selon Khing Oei, fondateur et CEO de Treasury, une société spécialisée dans la gestion de trésorerie bitcoin basée aux Pays-Bas, l’échec relatif du STRE trouve ses racines dans des problèmes infrastructurels bien plus concrets que d’éventuelles faiblesses du produit lui-même.
Le premier obstacle est pratique : le STRE est difficile à acheter. L’action est cotée sur l’Euro MTF du Luxembourg, une plateforme manquant d’outils conviviaux et d’une distribution capillaire. Interactive Brokers, l’un des intermédiaires mondiaux les plus importants, ne propose pas le STRE dans son catalogue de produits. La même limitation touche de nombreuses autres plateformes de courtage destinées aux épargnants retail, qui n’autorisent pas le trading sur cet instrument.
Ensuite, il y a le problème de la visibilité et de la transparence des données de marché. TradingView, l’une des principales sources d’informations sur les prix historiques et les volumes d’échange pour des millions d’investisseurs, affiche des données assez décevantes : une capitalisation boursière enregistrée de 39 milliards de dollars (donnée contestable) accompagnée de volumes d’échange quotidiens extrêmement faibles, autour de 1 300 dollars. Cette rareté de données fiables et facilement consultables constitue un obstacle majeur à l’adoption par les investisseurs, qui peinent à évaluer correctement la liquidité réelle et la performance du titre dans le temps.
Les perspectives pour le STRE : de nouvelles plateformes comme solution
Face aux problèmes décrits, Oei suggère que le STRE pourrait bénéficier d’une cotation sur des marchés alternatifs, notamment aux Pays-Bas. L’écosystème financier et de trading néerlandais possède des caractéristiques qui pourraient s’avérer plus favorables à la croissance de l’adoption : une distribution plus structurée vers les investisseurs européens, un market making plus profond garantissant des spreads bid-ask plus serrés, et surtout une meilleure accessibilité pour les épargnants retail via des intermédiaires locaux consolidés.
À quoi s’attendre : le dilemme stratégique de Strategy
Il reste toutefois incertain dans quelle direction Strategy décidera d’aller. Le CEO Michael Saylor a par le passé exprimé une certaine prudence concernant l’expansion géographique, estimant que le marché américain demeure la priorité principale. Actuellement, Strategy a déjà lancé quatre produits distincts d’actions privilégiées perpétuelles libellées en dollars, chacun avec ses propres caractéristiques et une base d’investisseurs consolidée.
La question stratégique est : le STRE recevra-t-il un nouvel élan et une réinvention structurelle pour conquérir le marché européen, ou restera-t-il une expérience d’expansion internationale peu exploitée ? Avec le bitcoin actuellement échangé autour de 88 000 dollars et une part significative de la richesse investie en bitcoin caractérisée par des coûts de base supérieurs à ce seuil, les investisseurs européens pourraient en effet être intéressés par des instruments à rendement prévisible comme le STRE, à condition qu’ils deviennent accessibles et transparents. Le prochain chapitre de cette histoire dépendra des choix que Strategy fera dans les prochains mois.