Comprendre les faillites bancaires : pourquoi deux effondrements récents ont choqué l'Amérique

Le système bancaire américain a connu 565 faillites bancaires depuis 2000, pourtant les fermetures consécutives de Silicon Valley Bank (SVB) et Signature Bank en mars 2023 ont secoué le monde financier. Pour comprendre pourquoi ces effondrements étaient sans précédent, il est nécessaire d’examiner les données et les schémas historiques derrière les faillites bancaires en Amérique.

Points chauds régionaux : où se concentrent les faillites bancaires

La géographie joue un rôle surprenant dans la détermination du risque de faillite bancaire. Depuis le début du millénaire, quatre États dominent les statistiques : Californie (42 faillites), Géorgie, Floride et Illinois. Fait remarquable, New York — malgré étant la capitale bancaire du pays — n’a connu que six faillites bancaires durant la même période.

La Géorgie et la Floride représentent ensemble 30 % de toutes les faillites bancaires aux États-Unis depuis 2000, principalement en raison de l’impact dévastateur de la crise financière de 2008-2012 sur leurs secteurs du logement et du crédit.

La chronologie : quand les faillites bancaires se produisent

Les faillites bancaires ne se produisent pas au hasard. Elles se regroupent autour de périodes spécifiques, avec 82 % des 565 faillites survenues entre 2008 et 2012 — l’après-crise de la Grande Récession. Cette période de cinq ans a vu en moyenne 93 faillites par an, culminant à 157 faillites en 2010 seulement.

Le contraste avec d’autres périodes est frappant. De 2001 à 2007, la moyenne annuelle était de seulement 3,57 faillites bancaires. Après 2015, ce taux a chuté encore plus, passant en dessous de cinq faillites par an jusqu’en 2020. Incroyablement, aucune banque n’a fait faillite en 2021 et 2022.

La faillite de Silicon Valley Bank le 10 mars 2023 a mis fin à une remarquable série de 867 jours sans aucune faillite bancaire — la deuxième plus longue depuis 1933. Cette période de sécheresse rend les faillites récentes encore plus dramatiques.

La taille compte : pourquoi SVB et Signature Bank étaient différentes

Le vrai choc n’était pas que des faillites aient eu lieu — c’est qu’elles aient été massives. SVB détenait $209 milliard en actifs à la fin de 2022, ce qui en faisait la deuxième plus grande faillite bancaire de l’histoire des États-Unis. Deux jours plus tard, Signature Bank, avec $110 milliard en actifs, devenait la troisième plus grande faillite jamais enregistrée.

Pour donner une perspective, la dernière banque à faire faillite avant SVB était Almena State Bank en 2020, qui détenait à peine $69 million en actifs. SVB était environ 2 000 fois plus grande. Même lors de l’année catastrophique de 2010 avec 157 faillites, leurs actifs combinés représentaient moins de la moitié des avoirs de SVB.

La seule faillite comparable était Washington Mutual en 2008, qui détenait $307 milliard en actifs. Jusqu’à la faillite de SVB, l’Amérique n’avait pas vu une banque avec plus de $7 milliard en actifs faire faillite depuis plus d’une décennie.

Timing et stratégie : pourquoi les faillites du vendredi sont la norme

Voici un détail que peu réalisent : 95 % des faillites bancaires surviennent le vendredi. La FDIC programme délibérément les prises de contrôle pour le vendredi, car les banques ferment le week-end, laissant aux régulateurs le temps de régler les comptes, liquider les actifs et transférer la gestion avant que les déposants ne réclament leur argent.

La faillite de Signature Bank le dimanche 13 mars 2023 a brisé ce schéma — c’était la seule faillite du dimanche parmi toutes les 565 effondrements depuis 2000. Ce timing inhabituel reflétait l’urgence des régulateurs à éviter un effet domino dans le secteur bancaire. En agissant rapidement, ils cherchaient à rassurer les déposants que leur argent était en sécurité avant que la panique ne se propage.

Des schémas trimestriels apparaissent également dans les données. Janvier, avril, juillet et octobre voient systématiquement le plus grand nombre de faillites.

La vision d’ensemble

Alors que les faillites bancaires font la une lors des crises, elles constituent en réalité une caractéristique récurrente du système bancaire américain. Ce qui a rendu exceptionnelles les effondrements de 2023, ce n’était pas leur fréquence — c’était leur ampleur. Deux institutions massives qui s’effondrent en 48 heures, couplé à la sécheresse de 867 jours auparavant, ont créé une crise de perception qui défie la norme statistique.

Comprendre ces schémas aide à distinguer les risques systémiques réels des cycles bancaires naturels.

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