La course contre la montre de Virgin Galactic : 2026 peut-elle être un tournant ?

La question du milliard de dollars

L’action du tourisme spatial Virgin Galactic (NYSE : SPCE) se trouve à un carrefour critique. Depuis son introduction en bourse en 2021, l’entreprise a promis aux investisseurs des profits stables en transportant des touristes riches jusqu’au bord de l’espace. Cette promesse reste non tenue. En 2024, Virgin Galactic a pris une décision dramatique : elle a suspendu toutes ses opérations spatiales, mis à la retraite son vaisseau spatial opérationnel, et s’est entièrement tournée vers le développement de vaisseaux de nouvelle génération de classe Delta destinés à un lancement commercial en 2026.

Maintenant, alors que nous entrons dans ce qui pourrait être appelé l’année galactique pour l’avenir de l’entreprise, la question centrale résonne à Wall Street : Virgin Galactic atteindra-t-elle enfin la rentabilité ?

La réponse simple est presque certainement non. Mais comprendre pourquoi nécessite d’analyser la mécanique financière de l’entreprise et son calendrier opérationnel.

La crise de la consommation de trésorerie

Le problème fondamental est brutalement simple : Virgin Galactic perd de l’argent à gros flux. Développer une toute nouvelle classe de vaisseaux spatiaux — conçue pour tourner rapidement et relancer dans les jours qui suivent plutôt que des semaines — exige d’énormes investissements en capital. Parallèlement, l’entreprise construit un nouvel aéronef mère pour transporter ces véhicules de classe Delta à haute altitude avant l’allumage des moteurs.

Ces deux projets d’ingénierie ont un coût astronomique. Virgin Galactic brûle environ $460 millions en flux de trésorerie libre négatif chaque année. Cela crée une pression existentielle : selon la dernière déclaration publique de l’entreprise, Virgin Galactic ne disposait que de $394 millions en réserves de trésorerie contre $478 millions de dettes en cours.

Avec des opérations commerciales de classe Delta prévues seulement à partir de fin 2026, les chiffres deviennent terrifiants. La société faisait face à un risque réel d’épuisement de sa trésorerie avant d’atteindre ses jalons technologiques et opérationnels.

La stratégie de restructuration

En décembre, Virgin Galactic a annoncé un plan de restructuration de sa dette destiné à prolonger sa durée de vie. La stratégie implique trois mouvements interconnectés :

Émission d’actions : Virgin Galactic va libérer environ 12,1 millions de nouvelles actions, générant environ $46 millions de capitaux immédiats.

Rollover de la dette : l’entreprise refinancera une partie importante de ses obligations existantes via une émission de dette privée de $203 millions, repoussant simultanément les échéances à 2028.

Attachement de warrants : les nouveaux instruments de dette incluent des warrants permettant aux détenteurs d’acheter des actions supplémentaires. Lorsqu’ils seront exercés, ces warrants généreront un autre $203 millions — théoriquement suffisants pour rembourser la nouvelle émission de dette.

Cette restructuration reporte, plutôt que ne résout, les défis de liquidité de Virgin Galactic. Elle achète du temps, mais à un coût considérable.

Les dépenses cachées

La restructuration comporte deux conséquences importantes que les investisseurs ont souvent tendance à négliger.

Premièrement, les taux d’intérêt augmentent fortement. Virgin Galactic gérait auparavant sa dette à 2,5 % par an. Les nouveaux instruments d’emprunt portent un taux de 9,8 % — presque quadruplant la charge annuelle d’intérêt de l’entreprise. Un service de la dette plus élevé réduit directement la rentabilité, créant un paradoxe : la manœuvre financière conçue pour maintenir Virgin Galactic à flot rend en réalité le chemin vers la rentabilité plus ardu.

Deuxièmement, et plus immédiatement dommageable : l’exercice des warrants entraînera une dilution importante des actions. L’exercice de tous les warrants attachés nécessitera l’émission de 30,3 millions d’actions supplémentaires. Pour les actionnaires existants, cela signifie que leur participation diminue considérablement, même si l’entreprise survit à sa crise de financement à court terme.

La réalité de 2026

Voici où la projection rencontre la dure réalité. Même dans les scénarios optimistes, 2026 ne produira pas de rentabilité pour Virgin Galactic.

Le calendrier seul garantit des pertes. Virgin Galactic n’envisage pas de reprendre ses vols spatiaux commerciaux avant le quatrième trimestre 2026 — ce qui signifie que trois quarts de l’année seront dépensés en frais d’exploitation sans génération de revenus correspondants. La société ne peut tout simplement pas compenser neuf mois de coûts avec trois mois de revenus, peu importe la vitesse de vente des billets.

L’économie se détériore encore plus. Virgin Galactic a annoncé une augmentation des prix à 600 000 $ par siège précisément parce que les prix précédents — allant de 200 000 $ à 450 000 $ — ne parvenaient pas à générer des marges bénéficiaires. Même en projetant 125 vols en 2027 avec 750 passagers (essentiellement en épuisant le backlog de billets), la collecte de revenus atteindrait environ 217,5 millions de dollars. Contre cela, se dresse la ligne de coût opérationnel de 2024 de $294 millions — une époque où l’entreprise effectuait réellement des vols commerciaux.

Le consensus des analystes s’aligne sur cette vision pessimiste. Selon un sondage de S&P Global Market Intelligence, Virgin Galactic affichera des pertes proches de $240 millions en 2026 seulement.

Au-delà de 2026

La rentabilité ne se matérialisera probablement pas non plus en 2027. Bien que les revenus des billets puissent atteindre des niveaux gérables, les coûts d’exploitation resteront obstinément élevés. La société devra attendre des années de pertes pour atteindre le seuil de rentabilité en flux de trésorerie, sans parler d’une rentabilité durable.

Virgin Galactic s’est transformée en un pari spéculatif à long terme sur la réalisation éventuelle de la viabilité commerciale dans le tourisme spatial — et non en une thèse d’investissement pour une génération de profits à court terme. L’année galactique 2026 représente un point d’inflexion opérationnel potentiel, mais la rentabilité financière reste encore à des années de l’horizon.

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