L’activité économique au Canada a rebondi plus fortement que prévu au premier trimestre, stimulée par les entreprises qui ont anticipé l’importation de marchandises et constitué des stocks avant la mise en œuvre prévue des tarifs douaniers. Les dernières données de Statistique Canada révèlent le tableau économique plus large : une croissance supérieure aux prévisions, mais une faiblesse sous-jacente qui menace la durabilité.
Les chiffres derrière le titre
Le produit intérieur brut (PIB) du Canada a augmenté à un taux annualisé de 2,2 % entre janvier et mars, marquant le cinquième trimestre consécutif où la croissance est restée au-dessus du seuil de 2 %. Cette performance a dépassé les attentes des analystes de 1,7 % de croissance et a légèrement surpassé le taux révisé de 2,1 % du trimestre précédent.
Le moteur clé s’est avéré indiscutable : l’activité à l’exportation a explosé alors que les entreprises du continent se précipitaient pour importer des marchandises avant l’escalade des tarifs. Les expéditions de voitures et d’équipements industriels ont mené la charge. Parallèlement, les entreprises ont accumulé des stocks à des niveaux robustes, compensant la détérioration simultanée des dépenses en capital des entreprises et des dépenses des consommateurs.
La demande intérieure finale — la mesure la plus large des dépenses dans tous les secteurs économiques — a reculé de 0,1 % en rythme annualisé, chutant fortement par rapport à l’augmentation de 5,2 % du trimestre précédent. Ce retournement indique une pression croissante sous la surface.
L’énigme de la politique monétaire
La Banque du Canada avait modélisé une expansion de 1,8 % pour le T1, ce qui incitait les décideurs à adopter une position plus prudente. Les réductions de taux avaient déjà totalisé sept coupures depuis juin de l’année précédente, la banque centrale restant stable en avril. Suite à la publication du PIB et des données d’inflation concomitantes, les acteurs du marché attribuent désormais une probabilité minimale à une réduction de taux lorsque la banque se réunira le 4 juin.
Dominique Lapointe, directeur principal de la stratégie macroéconomique chez Manulife Investment Management, a qualifié les perspectives de « pause dovish » ce mois-ci, avec une éventuelle détente en juillet conditionnée à l’aggravation des conditions.
Fissures dans la fondation
Alors que le produit intérieur brut du Canada a surpassé celui des États-Unis — qui a connu une contraction de 0,2 % pour la première fois depuis début 2022 — des indicateurs préoccupants abondent sur le plan national.
Les dépenses de consommation ont ralenti brutalement : la croissance des dépenses des ménages est tombée à 1,2 % en rythme annuel contre 4,9 % au trimestre précédent. L’investissement résidentiel s’est affaibli de manière notable, avec une activité de revente de maisons enregistrant sa plus forte baisse depuis début 2022. Les dépenses publiques ont également reculé.
Les stocks hors secteur agricole ont rebondi après les baisses de fin-2024, et les volumes d’importation ont augmenté, mais les indicateurs de sentiment et les volumes de transactions — notamment sur le marché immobilier — se sont détériorés de manière visible. Les dirigeants bancaires ont signalé une prudence accrue des consommateurs et une paralysie des dépenses des entreprises comme des vents contraires immédiats, plusieurs grands prêteurs ayant augmenté leurs provisions pour pertes lors des récents rapports.
Le PDG de la Banque Royale du Canada, David McKay, a souligné la situation de manière franche : bien qu’une récession pure et simple reste peu probable des deux côtés de la frontière, « l’incertitude prévalente pousse les consommateurs à se retirer, notamment sur les achats discrétionnaires, tandis que les entreprises reportent leurs grands projets d’investissement en capital. »
L’expansion du produit intérieur brut du Canada présente ainsi une image incomplète — des chiffres principaux masquant une fragilité sous-jacente qui pourrait mettre à l’épreuve la détermination de la Banque dans les semaines à venir.
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Le produit intérieur brut du Canada augmente de 2,2 % dans un contexte d'incertitude commerciale
L’activité économique au Canada a rebondi plus fortement que prévu au premier trimestre, stimulée par les entreprises qui ont anticipé l’importation de marchandises et constitué des stocks avant la mise en œuvre prévue des tarifs douaniers. Les dernières données de Statistique Canada révèlent le tableau économique plus large : une croissance supérieure aux prévisions, mais une faiblesse sous-jacente qui menace la durabilité.
Les chiffres derrière le titre
Le produit intérieur brut (PIB) du Canada a augmenté à un taux annualisé de 2,2 % entre janvier et mars, marquant le cinquième trimestre consécutif où la croissance est restée au-dessus du seuil de 2 %. Cette performance a dépassé les attentes des analystes de 1,7 % de croissance et a légèrement surpassé le taux révisé de 2,1 % du trimestre précédent.
Le moteur clé s’est avéré indiscutable : l’activité à l’exportation a explosé alors que les entreprises du continent se précipitaient pour importer des marchandises avant l’escalade des tarifs. Les expéditions de voitures et d’équipements industriels ont mené la charge. Parallèlement, les entreprises ont accumulé des stocks à des niveaux robustes, compensant la détérioration simultanée des dépenses en capital des entreprises et des dépenses des consommateurs.
La demande intérieure finale — la mesure la plus large des dépenses dans tous les secteurs économiques — a reculé de 0,1 % en rythme annualisé, chutant fortement par rapport à l’augmentation de 5,2 % du trimestre précédent. Ce retournement indique une pression croissante sous la surface.
L’énigme de la politique monétaire
La Banque du Canada avait modélisé une expansion de 1,8 % pour le T1, ce qui incitait les décideurs à adopter une position plus prudente. Les réductions de taux avaient déjà totalisé sept coupures depuis juin de l’année précédente, la banque centrale restant stable en avril. Suite à la publication du PIB et des données d’inflation concomitantes, les acteurs du marché attribuent désormais une probabilité minimale à une réduction de taux lorsque la banque se réunira le 4 juin.
Dominique Lapointe, directeur principal de la stratégie macroéconomique chez Manulife Investment Management, a qualifié les perspectives de « pause dovish » ce mois-ci, avec une éventuelle détente en juillet conditionnée à l’aggravation des conditions.
Fissures dans la fondation
Alors que le produit intérieur brut du Canada a surpassé celui des États-Unis — qui a connu une contraction de 0,2 % pour la première fois depuis début 2022 — des indicateurs préoccupants abondent sur le plan national.
Les dépenses de consommation ont ralenti brutalement : la croissance des dépenses des ménages est tombée à 1,2 % en rythme annuel contre 4,9 % au trimestre précédent. L’investissement résidentiel s’est affaibli de manière notable, avec une activité de revente de maisons enregistrant sa plus forte baisse depuis début 2022. Les dépenses publiques ont également reculé.
Les stocks hors secteur agricole ont rebondi après les baisses de fin-2024, et les volumes d’importation ont augmenté, mais les indicateurs de sentiment et les volumes de transactions — notamment sur le marché immobilier — se sont détériorés de manière visible. Les dirigeants bancaires ont signalé une prudence accrue des consommateurs et une paralysie des dépenses des entreprises comme des vents contraires immédiats, plusieurs grands prêteurs ayant augmenté leurs provisions pour pertes lors des récents rapports.
Le PDG de la Banque Royale du Canada, David McKay, a souligné la situation de manière franche : bien qu’une récession pure et simple reste peu probable des deux côtés de la frontière, « l’incertitude prévalente pousse les consommateurs à se retirer, notamment sur les achats discrétionnaires, tandis que les entreprises reportent leurs grands projets d’investissement en capital. »
L’expansion du produit intérieur brut du Canada présente ainsi une image incomplète — des chiffres principaux masquant une fragilité sous-jacente qui pourrait mettre à l’épreuve la détermination de la Banque dans les semaines à venir.