Les expéditions de cacao en Afrique de l’Ouest dressent un tableau critique pour le marché mondial. La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, a livré seulement 1,073 million de tonnes métriques (MMT) aux ports durant la période d’octobre à janvier — une baisse de 3,3 % par rapport à la même période l’an dernier. Cette contraction de l’offre se traduit directement par une action commerciale : les contrats à terme sur le cacao ICE NY de mars ont bondi de +181 points (+3,08 %), tandis que le cacao ICE London de mars a augmenté de +109 points (+2,57 %).
Ce resserrement intervient alors que des changements structurels remodelent la dynamique des prix du cacao. L’Organisation Internationale du Cacao (ICCO) a fortement réduit sa projection de surplus mondial pour 2024/25 à seulement 49 000 MT, contre une prévision antérieure de 142 000 MT. Les estimations de la production mondiale ont chuté à 4,69 MMT contre 4,84 MMT, marquant le premier surplus en quatre ans après quatre années de déficit. Par ailleurs, les réserves d’inventaire s’amenuisent — les stocks portuaires américains ont atteint un niveau bas de 9,5 mois, à 1,63 million de sacs fin décembre.
L’effet Bloomberg et la demande en index
Un catalyseur clé amplifiant la dynamique des prix du cacao : Bloomberg ajoute cette mois-ci les contrats à terme sur le cacao à son indice de matières premières (BCOM). Les analystes de Citigroup prévoient que cette inclusion pourrait déclencher jusqu’à $2 milliard dans les achats liés à l’indice de contrats à terme sur le cacao NY, créant une pression d’achat supplémentaire au-delà des contraintes fondamentales d’offre.
La demande s’affaiblit même si l’offre se resserre
Pourtant, la demande reste une contrainte. La transformation du cacao en Asie a chuté de 17 % en glissement annuel au troisième trimestre, à 183 413 MT — le plus faible résultat pour un troisième trimestre en neuf ans. En Europe, la transformation a reculé de 4,8 % en glissement annuel, à 337 353 MT, marquant un niveau décennal pour ce trimestre. En Amérique du Nord, la transformation a augmenté de 3,2 %, bien que des changements comptables aient obscurci les données. Ces signaux de faiblesse suggèrent que la vigueur des prix du cacao pourrait être davantage liée à l’offre qu’à la demande.
Le recul de la production au Nigeria ajoute de la pression
Le Nigeria, cinquième producteur mondial de cacao, constitue une autre contrainte pour l’offre mondiale. L’Association nigériane du cacao prévoit que la production 2025/26 chutera de 11 %, à 305 000 MT contre 344 000 MT, réduisant une source cruciale d’approvisionnement mondial en cacao.
Le risque à la baisse : le retard dans la loi sur la déforestation
Un facteur pesant sur la hausse des prix du cacao : le Parlement européen a approuvé en novembre un report d’un an de la réglementation sur la déforestation dans l’UE (EUDR). En repoussant l’application, ce retard maintient l’accès au cacao en provenance des régions africaines de l’Ouest, indonésiennes et sud-américaines sujettes à la déforestation, ce qui pourrait atténuer les préoccupations d’offre et limiter la hausse des prix du cacao.
Les rapports positifs sur la récolte en Côte d’Ivoire et au Ghana — avec un nombre de cabosses supérieur de 7 % à la moyenne quinquennale — suggèrent que la récolte de printemps pourrait apporter un soulagement si l’optimisme des producteurs se traduit par des rendements plus importants.
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L'offre de cacao se resserre : voici pourquoi la dynamique des prix du cacao est en train de s'accélérer
Les expéditions de cacao en Afrique de l’Ouest dressent un tableau critique pour le marché mondial. La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, a livré seulement 1,073 million de tonnes métriques (MMT) aux ports durant la période d’octobre à janvier — une baisse de 3,3 % par rapport à la même période l’an dernier. Cette contraction de l’offre se traduit directement par une action commerciale : les contrats à terme sur le cacao ICE NY de mars ont bondi de +181 points (+3,08 %), tandis que le cacao ICE London de mars a augmenté de +109 points (+2,57 %).
Ce resserrement intervient alors que des changements structurels remodelent la dynamique des prix du cacao. L’Organisation Internationale du Cacao (ICCO) a fortement réduit sa projection de surplus mondial pour 2024/25 à seulement 49 000 MT, contre une prévision antérieure de 142 000 MT. Les estimations de la production mondiale ont chuté à 4,69 MMT contre 4,84 MMT, marquant le premier surplus en quatre ans après quatre années de déficit. Par ailleurs, les réserves d’inventaire s’amenuisent — les stocks portuaires américains ont atteint un niveau bas de 9,5 mois, à 1,63 million de sacs fin décembre.
L’effet Bloomberg et la demande en index
Un catalyseur clé amplifiant la dynamique des prix du cacao : Bloomberg ajoute cette mois-ci les contrats à terme sur le cacao à son indice de matières premières (BCOM). Les analystes de Citigroup prévoient que cette inclusion pourrait déclencher jusqu’à $2 milliard dans les achats liés à l’indice de contrats à terme sur le cacao NY, créant une pression d’achat supplémentaire au-delà des contraintes fondamentales d’offre.
La demande s’affaiblit même si l’offre se resserre
Pourtant, la demande reste une contrainte. La transformation du cacao en Asie a chuté de 17 % en glissement annuel au troisième trimestre, à 183 413 MT — le plus faible résultat pour un troisième trimestre en neuf ans. En Europe, la transformation a reculé de 4,8 % en glissement annuel, à 337 353 MT, marquant un niveau décennal pour ce trimestre. En Amérique du Nord, la transformation a augmenté de 3,2 %, bien que des changements comptables aient obscurci les données. Ces signaux de faiblesse suggèrent que la vigueur des prix du cacao pourrait être davantage liée à l’offre qu’à la demande.
Le recul de la production au Nigeria ajoute de la pression
Le Nigeria, cinquième producteur mondial de cacao, constitue une autre contrainte pour l’offre mondiale. L’Association nigériane du cacao prévoit que la production 2025/26 chutera de 11 %, à 305 000 MT contre 344 000 MT, réduisant une source cruciale d’approvisionnement mondial en cacao.
Le risque à la baisse : le retard dans la loi sur la déforestation
Un facteur pesant sur la hausse des prix du cacao : le Parlement européen a approuvé en novembre un report d’un an de la réglementation sur la déforestation dans l’UE (EUDR). En repoussant l’application, ce retard maintient l’accès au cacao en provenance des régions africaines de l’Ouest, indonésiennes et sud-américaines sujettes à la déforestation, ce qui pourrait atténuer les préoccupations d’offre et limiter la hausse des prix du cacao.
Les rapports positifs sur la récolte en Côte d’Ivoire et au Ghana — avec un nombre de cabosses supérieur de 7 % à la moyenne quinquennale — suggèrent que la récolte de printemps pourrait apporter un soulagement si l’optimisme des producteurs se traduit par des rendements plus importants.