La différence fondamentale : Contrôle du marché et liberté de trading
Le yuan offshore (CNH) et le yuan onshore (CNY) représentent deux versions distinctes de la monnaie chinoise, chacune opérant sous des cadres réglementaires différents. Bien qu’ils suivent le même actif, leur comportement sur les marchés raconte des histoires très différentes.
Les marchés des capitaux en Chine restent fortement réglementés, ce qui crée deux environnements de trading séparés. Le marché onshore opère en Chine continentale sous une surveillance stricte du gouvernement, où le yuan chinois se négocie en tant que CNY. Les marchés du yuan offshore—centrés à Hong Kong, Singapour, Londres et Luxembourg—fonctionnent avec beaucoup moins de restrictions, utilisant le ticker CNH (le “H” désignant à l’origine Hong Kong).
Cette division réglementaire signifie que le yuan offshore se comporte davantage comme une monnaie échangée librement, en faisant l’instrument préféré des traders spéculatifs et de ceux recherchant une découverte de prix véritablement driven par le marché.
Comment le yuan onshore (CNY) a évolué : un parcours de 30 ans
1994 - Le début des taux de change modernes
Avant 1994, la Chine utilisait un système à double taux qui créait d’importantes inefficacités. Le taux officiel USD/CNY était de 5,8 alors que le taux du marché atteignait 8,7—un écart de 50 % reflétant une opportunité d’arbitrage pure. Le 1er janvier 1994, les autorités ont unifié ces taux en un seul CNY, éliminant la structure à deux niveaux du jour au lendemain.
2005 - La première réforme majeure de flexibilité
Pendant plus d’une décennie, le yuan est resté fortement ancré au dollar américain. Puis, le 2 juillet 2005, la Banque centrale chinoise a changé de stratégie. Le USD/CNY s’est renforcé de 2,1 % en une seule journée lorsque les autorités ont introduit un système de flottement contrôlé. Plutôt que de suivre une seule devise, le yuan a désormais référencé un panier de devises—une étape subtile mais significative vers une tarification basée sur le marché.
2008-2010 - Re-anchoring sous la crise
Lorsque les marchés financiers mondiaux ont implosé en 2008, la Chine a inversé sa trajectoire. La priorité était de protéger le commerce intérieur, ainsi la PBOC a ré-anché le yuan au dollar dans une bande étroite de 6,81-6,85. Cette mesure temporaire a duré deux ans.
2010 et après - L’ère de l’expansion de la volatilité
Les réformes post-crise ont accéléré la flexibilité du yuan de façon spectaculaire. La bande de trading quotidienne—la variation maximale du yuan en une session—s’est étendue de 0,5 % en 2012 à 2 % en 2014. Puis, en août 2015, la Banque centrale a réduit le taux de référence CNY de 1,82 % en une journée, signalant un changement radical vers la dépréciation et une gestion réactive au marché.
Aujourd’hui, la Chine opère avec un système de flottement contrôlé, la Banque centrale surveillant plusieurs paires de yuan plutôt que de contrôler un seul taux USD/CNY.
L’histoire du yuan offshore (CNH): une décennie de croissance
Le CNH est entré sur les marchés bien plus tard que son cousin onshore. En 2004, Hong Kong a commencé à émettre des produits libellés en yuan pour le règlement commercial. Le véritable lancement a eu lieu en juillet 2010 lorsque la PBOC et l’Autorité monétaire de Hong Kong ont signé un accord de compensation. En août 2010, la première cotation du yuan offshore est apparue—USD/CNH a commencé à se négocier.
Ce qui distingue le CNH de son homologue onshore, c’est l’absence de contrôles de capitaux. Sans restrictions sur les flux transfrontaliers, la tarification du yuan offshore reflète la véritable offre et demande—le rendant beaucoup plus volatile et réactif aux changements de sentiment mondial.
Trading du CNH vs CNY : ce que révèlent les données
En comparant le yuan offshore et le yuan onshore lors de chocs de marché identiques, les différences deviennent flagrantes. Pendant la période de la guerre commerciale USA-Chine 2018 (Mai-Août), les deux paires ont rebondi depuis leurs plus bas de 15 mois. Mais le yuan offshore a bougé de façon plus agressive :
USD/CNH : passé de 6.2358 à 6.9587
USD/CNY : passé de 6.2419 à 6.9347
Le yuan offshore a parcouru une distance plus grande, montrant la prime de volatilité que les traders attendent des marchés moins régulés. Cela fait du CNH l’instrument de choix pour les paris directionnels, tandis que le CNY convient à ceux qui préfèrent une référence plus stable.
Le phénomène de spread : lire le stress du marché
Historiquement, le yuan offshore se négocie légèrement plus faible que le yuan onshore. Mais cet écart s’élargit de façon prévisible lors des périodes de faiblesse du yuan. Lorsque de positions courtes massives s’accumulent contre la monnaie chinoise, les autorités interviennent généralement d’abord via le marché onshore, transmettant progressivement des signaux au trading offshore.
Cela crée un décalage observable : le CNY se renforce avant que le CNH ne rattrape son retard, élargissant temporairement le spread. Les traders surveillant l’écart CNH/CNY peuvent souvent anticiper les interventions de la PBOC avant qu’elles n’impactent pleinement les marchés offshore.
Comprendre ces mécanismes—les différences réglementaires séparant les marchés du yuan offshore et onshore, leurs profils de volatilité distincts, et la façon dont la politique se transmet de manière inégale entre eux—fournit la base pour des stratégies de trading de devises plus sophistiquées.
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Comprendre le yuan offshore vs le yuan onshore : Guide du trader sur le CNH et le CNY
La différence fondamentale : Contrôle du marché et liberté de trading
Le yuan offshore (CNH) et le yuan onshore (CNY) représentent deux versions distinctes de la monnaie chinoise, chacune opérant sous des cadres réglementaires différents. Bien qu’ils suivent le même actif, leur comportement sur les marchés raconte des histoires très différentes.
Les marchés des capitaux en Chine restent fortement réglementés, ce qui crée deux environnements de trading séparés. Le marché onshore opère en Chine continentale sous une surveillance stricte du gouvernement, où le yuan chinois se négocie en tant que CNY. Les marchés du yuan offshore—centrés à Hong Kong, Singapour, Londres et Luxembourg—fonctionnent avec beaucoup moins de restrictions, utilisant le ticker CNH (le “H” désignant à l’origine Hong Kong).
Cette division réglementaire signifie que le yuan offshore se comporte davantage comme une monnaie échangée librement, en faisant l’instrument préféré des traders spéculatifs et de ceux recherchant une découverte de prix véritablement driven par le marché.
Comment le yuan onshore (CNY) a évolué : un parcours de 30 ans
1994 - Le début des taux de change modernes
Avant 1994, la Chine utilisait un système à double taux qui créait d’importantes inefficacités. Le taux officiel USD/CNY était de 5,8 alors que le taux du marché atteignait 8,7—un écart de 50 % reflétant une opportunité d’arbitrage pure. Le 1er janvier 1994, les autorités ont unifié ces taux en un seul CNY, éliminant la structure à deux niveaux du jour au lendemain.
2005 - La première réforme majeure de flexibilité
Pendant plus d’une décennie, le yuan est resté fortement ancré au dollar américain. Puis, le 2 juillet 2005, la Banque centrale chinoise a changé de stratégie. Le USD/CNY s’est renforcé de 2,1 % en une seule journée lorsque les autorités ont introduit un système de flottement contrôlé. Plutôt que de suivre une seule devise, le yuan a désormais référencé un panier de devises—une étape subtile mais significative vers une tarification basée sur le marché.
2008-2010 - Re-anchoring sous la crise
Lorsque les marchés financiers mondiaux ont implosé en 2008, la Chine a inversé sa trajectoire. La priorité était de protéger le commerce intérieur, ainsi la PBOC a ré-anché le yuan au dollar dans une bande étroite de 6,81-6,85. Cette mesure temporaire a duré deux ans.
2010 et après - L’ère de l’expansion de la volatilité
Les réformes post-crise ont accéléré la flexibilité du yuan de façon spectaculaire. La bande de trading quotidienne—la variation maximale du yuan en une session—s’est étendue de 0,5 % en 2012 à 2 % en 2014. Puis, en août 2015, la Banque centrale a réduit le taux de référence CNY de 1,82 % en une journée, signalant un changement radical vers la dépréciation et une gestion réactive au marché.
Aujourd’hui, la Chine opère avec un système de flottement contrôlé, la Banque centrale surveillant plusieurs paires de yuan plutôt que de contrôler un seul taux USD/CNY.
L’histoire du yuan offshore (CNH): une décennie de croissance
Le CNH est entré sur les marchés bien plus tard que son cousin onshore. En 2004, Hong Kong a commencé à émettre des produits libellés en yuan pour le règlement commercial. Le véritable lancement a eu lieu en juillet 2010 lorsque la PBOC et l’Autorité monétaire de Hong Kong ont signé un accord de compensation. En août 2010, la première cotation du yuan offshore est apparue—USD/CNH a commencé à se négocier.
Ce qui distingue le CNH de son homologue onshore, c’est l’absence de contrôles de capitaux. Sans restrictions sur les flux transfrontaliers, la tarification du yuan offshore reflète la véritable offre et demande—le rendant beaucoup plus volatile et réactif aux changements de sentiment mondial.
Trading du CNH vs CNY : ce que révèlent les données
En comparant le yuan offshore et le yuan onshore lors de chocs de marché identiques, les différences deviennent flagrantes. Pendant la période de la guerre commerciale USA-Chine 2018 (Mai-Août), les deux paires ont rebondi depuis leurs plus bas de 15 mois. Mais le yuan offshore a bougé de façon plus agressive :
Le yuan offshore a parcouru une distance plus grande, montrant la prime de volatilité que les traders attendent des marchés moins régulés. Cela fait du CNH l’instrument de choix pour les paris directionnels, tandis que le CNY convient à ceux qui préfèrent une référence plus stable.
Le phénomène de spread : lire le stress du marché
Historiquement, le yuan offshore se négocie légèrement plus faible que le yuan onshore. Mais cet écart s’élargit de façon prévisible lors des périodes de faiblesse du yuan. Lorsque de positions courtes massives s’accumulent contre la monnaie chinoise, les autorités interviennent généralement d’abord via le marché onshore, transmettant progressivement des signaux au trading offshore.
Cela crée un décalage observable : le CNY se renforce avant que le CNH ne rattrape son retard, élargissant temporairement le spread. Les traders surveillant l’écart CNH/CNY peuvent souvent anticiper les interventions de la PBOC avant qu’elles n’impactent pleinement les marchés offshore.
Comprendre ces mécanismes—les différences réglementaires séparant les marchés du yuan offshore et onshore, leurs profils de volatilité distincts, et la façon dont la politique se transmet de manière inégale entre eux—fournit la base pour des stratégies de trading de devises plus sophistiquées.